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Archives, La Voix de l'Est

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Pierre-Yvon Bégin

Collaborateur aux pages Opinions de La Tribune.

La Tribune

ÉDITORIAL / En un peu plus d'un an, près de 500 personnes ont été en mesure de se prévaloir de l'aide médicale à mourir au Québec. Vendredi, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a indiqué qu'il était prêt à faire un pas de plus. Des experts examineront notamment la possibilité de faire une demande anticipée qui pourrait éventuellement être appliquée même si une personne n'est plus en mesure de donner son consentement.

L'actualité a démontré la nécessité de se pencher sur cet aspect. Le mois dernier, un homme a tué son épouse par compassion à Montréal. Celle qu'il aimait tant, atteinte de la maladie d'Alzheimer, n'arrivait plus à le reconnaître.

Député de Granby, François Bonnardel estime ainsi que l'Assemblée nationale « a oublié près de 140 000 personnes » lorsque la Loi concernant les soins de fin de vie a été adoptée. Il faisait référence aux personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer, dont sa propre mère. Il est convaincu que celle-ci lui demanderait de l'aider à quitter ce monde, alors qu'elle est aujourd'hui incapable de formuler consciemment cette requête, une condition essentielle. « Elle est prisonnière de son corps, a-t-il déclaré. Elle ne sourit plus, elle ne me reconnaît plus, elle ne marche plus. Elle m'aurait sûrement dit : ''Tu auras un mandat d'inaptitude pour ma vie un jour. Je te fais confiance, je fais confiance au médecin''. » Étranglé par l'émotion, il a été incapable d'ajouter un mot de plus.

L'expérience démontre maintenant que les balises sont efficaces et justifiées. La principale crainte concernait les dérapages éventuels. Heureusement, tout s'est bien déroulé jusqu'à maintenant. Le corps médical, qui a la possibilité de refuser de donner ce soin de fin de vie, se familiarise peu à peu. Les objections s'évanouissent avec le temps. Les familles réalisent aussi que le départ tout en douceur d'un proche vaut mille fois mieux que des souffrances aussi interminables qu'inutiles.

Le CIUSSS de l'Estrie - CHUS rapporte le décès de 31 personnes qui ont pu avoir accès à l'aide médicale à mourir de décembre 2015 à décembre 2016. L'institution note que six demandes ont été rejetées pour diverses raisons, ce qui donne un taux d'acceptation de 84 %.

Le ministre Barrette demandera aussi aux tribunaux de clarifier le concept de « mort raisonnablement prévisible » inscrit dans la loi fédérale. Les divers professionnels de la santé, rapporte-t-il, ont besoin d'éclaircissements. À leurs yeux, la notion de mort raisonnablement prévisible serait « inopérable, inapplicable et trop floue ». Il est cependant temps de faire un pas de plus et de faire tomber les préjugés, les dernières barrières empêchant d'exercer un droit fondamental.

Le cas de Jean Brault est explicite. Durant 53 jours, celui-ci a refusé d'avaler toute nourriture de manière à se rendre admissible à l'aide médicale à mourir. Il y a sûrement des façons plus humaines de vivre ses derniers instants sur terre, soutenu par l'amour de ses proches.

Cuisant échec

Donald Trump vient d'encaisser un cuisant revers. Celui qui s'autoproclamait champion de la négociation, a lamentablement échoué dans sa tentative d'abolir le régime de santé créé par son prédécesseur. Il a eu beau menacer, manigancer et jouer du coude comme dans la série House of Cards, il a été forcé de retirer son projet de loi. Mauvais perdant, il blâme les démocrates et prédit l'explosion de l'Obamacare. Il reviendra sûrement à la charge, mais ses adversaires ont maintenant des munitions pour lui rabattre le caquet.




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