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ÉDITORIAL / Une voiture et un couteau: les services policiers et du... (Bloomberg)

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Denis Dufresne
La Tribune

(Sherbrooke) ÉDITORIAL / Une voiture et un couteau: les services policiers et du renseignement sont parvenus à déjouer plusieurs attentats terroristes ces dernières années, mais comment prévenir les gestes d'un assaillant qui décide de foncer dans une foule au volant d'une voiture et de se ruer ensuite sur un agent de la paix pour le poignarder?

L'attentat terroriste perpétré mercredi près du parlement de Westminster, où un Britannique de 52 ans a lancé sa voiture contre des piétons, tuant deux personnes et en blessant plusieurs dizaines d'autres, avant de poignarder un policier et de se faire abattre, a suivi le même mode opératoire que plusieurs attaques précédentes ces dernières années, une forme de terrorisme à coût modique où un véhicule, un couteau ou une hache font le travail.

À la différence des attaques plus sophistiquées de kamikazes contre la salle de spectacle du Bataclan, des bars, des restaurants et au Stade de France à Paris en 2015 (130 morts, 350 blessés) ou contre l'aéroport de Bruxelles en 2016 (32 morts et 340 blessés), celle de mercredi à Londres a été effectuée avec des objets de tous les jours.

La police et les forces de sécurité ne peuvent tout voir et tout prévoir, malgré les moyens importants mis en place par les pays occidentaux depuis les attentats d'Al-Qaïda du 11 septembre 2001 aux États-Unis.

L'Europe et les États-Unis sont de plus en plus confrontés à ce type d'acte terroriste où un individu, parfois connu des policiers pour radicalisation, décide de s'attaquer lâchement à des personnes innocentes qui ont le malheur de croiser son chemin.

Ce sont des «loups» solitaires inspirés par l'islam radical et souvent désireux de venger les frappes des pays membres de la coalition occidentale contre l'État islamique (ÉI) en Irak et en Syrie.

L'attentat de Londres ressemble à plusieurs égards à celui du marché de Noël de Berlin, où un Tunisien au volant d'un camion a tué 12 personnes et en a blessé 48 autres et au carnage du 14 juillet dernier à Nice, où un autre Tunisien a foncé dans la foule avec un semi-remorque, faisant 86 morts et 400 blessés, des actes tous revendiqués par l'ÉI.

Il rappelle aussi l'attaque de Saint-Jean-sur-Richelieu, en 2014, lorsque deux militaires avaient été fauchés par une voiture conduite par un adepte de l'islam radical ou encore la fusillade du Parlement fédéral, la même année, où Michael Zehaf-Bibeau, disant agir «au nom d'Allah le clément et le miséricordieux», avait tué un réserviste de 24 ans avant d'être abattu.

Un assaut contre un parlement, un policier ou une foule en fête est un geste hautement symbolique: il vise la démocratie et cherche à susciter la terreur et la division.

Il faut être solidaire des Britanniques à la suite de cette attaque lâche et odieuse, mais ne pas non plus céder à la peur, ce que veulent les terroristes.

Ces morts inutiles doivent toutefois nous rappeler que chaque jour ou presque, des dizaines de personnes perdent la vie lors de bombardements, d'attaques terroristes ou de bavures de la coalition occidentale contre l'ÉI en Syrie et en Irak, sans que cela suscite de colère ou de dénonciation en Occident.

Un attentat comme celui de Londres est toujours horrible.

Mais l'implication militaire de pays comme le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne et les États-Unis dans ces conflits meurtriers, ou encore du Canada qui vend des armes à des pays belligérants comme l'Arabie saoudite, fait des morts, sème la destruction et conforte les groupes radicaux comme l'ÉI dans leur haine de l'Occident.




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