Dialogue + : de la parole aux actes

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Au cours des dernières années, nous avons été confrontés au phénomène de la radicalisation violente qui met souvent, mais pas seulement, en cause certains de nos jeunes. Un phénomène qui n'est l'apanage d'aucun groupe en particulier ni d'aucune société, mais qui est une réponse déplorable à toute sorte de défis, dont celui de vivre ensemble. Ce phénomène soulève à raison l'indignation, l'effroi et de multiples questions. Il n'est ni justifiable ni excusable, mais il s'explique. Jusqu'à un certain point du moins. D'où qu'elles proviennent, la discrimination, l'exclusion et la frustration constituent notamment des facteurs de la radicalisation violente. Elles alimentent à leur tour des préjugés, créent des polarisations et menacent la cohésion sociale.

Devant une telle réalité, la nécessité d'ouvrir et nourrir un dialogue, sincère et constructif, s'impose. C'est de ce constat qu'est né Dialogue+, un projet qui prend aussi acte de données probantes et de pratiques porteuses, révélées par différentes études. Dialogue+, c'est le porte-voix d'une série d'actions qui seront entreprises afin d'instaurer un dialogue entre les cultures et mettre sur pied des actions ciblées pour prévenir la discrimination, l'exclusion et la radicalisation violente.

Une initiative locale, un projet national

Il n'existe pas de modèle idéal ni de recette miracle pour prévenir ces phénomènes, mais divers outils qui doivent s'adapter aux réalités locales. Dialogue+ est une initiative collective locale, développée à Sherbrooke, qui s'appuie sur des partenaires locaux dont la Ville de Sherbrooke, Sherbrooke Ville en santé, l'Université de Sherbrooke, la Commission scolaire de la région de Sherbrooke, le CÉGEP de Sherbrooke, la Coalition des travailleurs de rue, l'Office municipal d'habitation et le CSSS-IUGS. Rendu possible grâce à l'appui financier de Patrimoine canadien et le ministère de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion, Dialogue+ se déploiera également en partenariat dans quatre autres villes, au Québec, en Ontario et au Nouveau-Brunswick. Cela permettra de créer une dynamique d'échange et de partage sur les pratiques et les défis entre les villes.

Les jeunes, des agents de changement indispensables

Dialogue+ est un projet pour les jeunes et porté par eux. Leur engagement, leur vision et leurs idées sont indispensables et sont le gage de sa réussite. Un comité Jeunes en actions a été mis sur pied. Des jeunes y sont déjà engagés. Plusieurs sont inscrits au premier Forum Dialogue+, qui aura lieu le 24 mars prochain à Sherbrooke. Le Forum donnera en quelque sorte le coup d'envoi aux actions qui suivront, et rassemblera jeunes, intervenants et décideurs qui, ensemble, se pencheront sur la question de la discrimination et de radicalisation violente afin de dégager des pistes de solution et d'action concrètes.

Cette journée d'échanges constituera une étape importante de Dialogue+. Elle sera suivie de nombreuses actions portées par les jeunes dans notre communauté, qui contribueront à promouvoir le dialogue interculturel et intergénérationnel à Sherbrooke et dans la région. Car c'est finalement en chacun de nous, citoyenne et citoyen, que réside une partie de la solution pour prévenir la discrimination, l'exclusion et la radicalisation violente.

Annie Godbout, conseillère municipale et présidente du comité des relations interculturelles et de la diversité

David Morin, professeur à l'École de politique appliquée de l'Université de Sherbrooke et codirecteur de l'Observatoire sur la radicalisation et l'extrémisme violent

Mohamed Soulami, directeur général d'Actions interculturelles

Le budget Morneau ne doit pas oublier les petites communautés

Récemment, le Comité sénatorial permanent des finances nationales a rendu public un rapport démontrant les lacunes des programmes en infrastructure du gouvernement fédéral. Il recommande, entre autres, de la souplesse dans les critères d'admissibilité des projets, dans les délais pour effecteur les demandes et dans les délais d'exécution. Il recommande également de créer un guichet unique permettant d'avoir accès au financement.

La Fédération québécoise des municipalités (FQM) ne peut qu'être en accord avec ces recommandations et demande au gouvernement de M. Justin Trudeau de donner suite à ce rapport et de démontrer une réelle sensibilité envers les plus petites communautés. Il en va du développement économique de toutes nos régions. En ce sens, le budget Morneau, qui est déposé aujourd'hui, doit mettre rapidement en oeuvre les recommandations de ce comité sénatorial.

La FQM rappelle au gouvernement fédéral que les programmes ne peuvent s'appliquer uniformément dans les grandes villes et dans les petites communautés. Prenons comme exemple le Fonds pour l'eau potable et le traitement des eaux usées (FEPTEU), lancé en septembre dernier conjointement par les gouvernements du Canada et du Québec. Les demandes ont été tellement nombreuses que les gouvernements ont arrêté de les recevoir après 21 jours seulement... Imaginez le désarroi de plusieurs communautés qui oeuvrent avec des moyens limités. Elles devaient trouver rapidement un ingénieur ou une personne-ressource pour évaluer les besoins, produire un document technique afin de présenter une demande pour finalement se buter à une porte fermée.

Et il ne s'agit ici que d'un seul programme. Il en existe des dizaines, dans plusieurs ministères, avec chacun leurs critères, leurs délais, leurs conditions de financement, etc. De quoi se perdre pour les communautés qui n'ont pas les ressources de Montréal ou de Toronto, ni même celles de Drummondville ou de Saint-Jérôme. Pourtant, les habitants des petites communautés ont tout aussi droit à des infrastructures de qualité que celles des plus grands centres, il en va de l'occupation dynamique de l'ensemble de notre territoire.

Et c'est un autre problème. Pour le gouvernement fédéral, une petite communauté est définie comme celle comportant moins de 100 000 habitants. Sur les 1134 municipalités du Québec, 1006 comptent moins de 10 000 âmes. La FQM demande d'ailleurs que ce critère soit abaissé à 10 000 habitants, soit le seuil de définition des « régions rurales et des petites villes » établi par Statistique Canada .

Le premier ministre du Canada a mis l'accent sur les infrastructures dans son plan de relance économique. Cette volonté a été grandement saluée par la FQM. Les besoins sont criants dans plusieurs de nos communautés. Le plan d'investissement de 186 milliards $ sur 10 ans du gouvernement fédéral est un signal clair que des infrastructures modernes et en bon état sont des conditions essentielles au développement économique. Encore faut-il que ces sommes parviennent aux petites municipalités, celles de moins de 10 000 habitants.

Le gouvernement Trudeau a-t-il à coeur les régions du Canada et les petites communautés? Le budget qui sera dévoilé cet après-midi est l'occasion idéale pour le démontrer.

Richard Lehoux, président de la Fédération québécoise des municipalités




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