Les statistiques au service de la politique

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Point de vue
La Tribune

À la suite de notre intervention sur le projet de liaison commerciale à l'aéroport de Sherbrooke, l'opinion émise dans La Tribune du 18 mars par Jean-Marc Dufour, PDG de l'Association québécoise du transport aérien (AQTA) («Un outil de développement économique important»), n'est pas surprenante puisque son travail consiste justement à promouvoir l'industrie aéroportuaire.

Aussi, nous voulons être clairs. Nous croyons absolument qu'une agglomération comme Sherbrooke doit s'offrir un service aéroportuaire de qualité. D'ailleurs, nous sommes tout à fait d'accord avec le fait que la Ville ait recours à tous les programmes gouvernementaux disponibles pour l'aider à maintenir les infrastructures de l'aéroport en bonne condition.

Cependant, il y a une grande différence entre maintenir un aéroport en bonne condition et investir l'argent des contribuables dans un projet irréaliste et irréalisable.

Il ne faut pas être naïf et se laisser emporter par des statistiques qui peuvent nous paraître à première vue extraordinaires sur papier, mais qui le sont beaucoup moins lorsqu'elles sont appliquées sur le terrain.

La réalité c'est que Sherbrooke, tant du point de vue économique que démographique, ne possède pas la masse critique nécessaire pour rentabiliser un lien aérien commercial . Il faut bien se rendre à l'évidence. La preuve a été faite à au moins quatre reprises par le passé.

D'ailleurs, comment expliquer qu'après cinq ans de démarchage aucune compagnie aérienne ne se soit montrée intéressée à implanter un lien aérien à l'aéroport de Sherbrooke, alors que les études de Harvey International annoncent plus de 5600 passagers par semaine? Logiquement, avec un tel potentiel, les compagnies devraient se bousculer aux portes!

À titre d'exemple, l'aéroport de Saint-Hubert situé au centre d'un bassin de population de plus d'un million de personnes et qui offre des vols réguliers depuis 2003 accueille environ 1000 passagers par année... Oui, vous avez bien lu, 1000!

Alors, on voit bien que ce projet ne tient pas la route et qu'il faut cesser de drainer l'argent des contribuables dans un puits sans fond. Des projets politiques c'est bien beau, mais il y a des limites aux coûts reliés aux campagnes d'image d'un maire en manque de réalisation.

Jean-François Rouleau, conseiller municipal du district de l'Université

Pierre Tardif, conseiller municipal du district du Carrefour




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