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Le secrétaire d'État américain Rex Tillerson

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Pierre-Yvon Bégin

Collaborateur aux pages Opinions de La Tribune.

La Tribune

ÉDITORIAL / Sans surprise, Washington durcit le ton à l'endroit de la Corée du Nord. La nouvelle administration américaine avait promis de faire les choses autrement. En matière de relations internationales, elle tient parole et évoque aujourd'hui ouvertement un recours à la force pour faire entendre raison au régime dictatorial de Pyongyang. La situation pourrait dégénérer rapidement. En raison de la présence d'armes nucléaires, la paix dans le monde est aujourd'hui plus menacée que jamais. Danger!

Vendredi, le secrétaire d'État américain Rex Tillerson a fait un geste de provocation en se rendant en zone démilitarisée à la frontière entre les deux Corées près du village de Panmunjom. Il a déclaré que la politique de « patience stratégique » des États-Unis était désormais reléguée aux oubliettes, convaincu qu'elle n'a pas donné de résultats probants.

Rien de plus faux! Certes imparfaite, cette politique a eu au moins pour effet de préserver la paix dans cette région du monde depuis plus d'un quart de siècle.

Le secrétaire d'État a précisé que les États-Unis sont prêts à déclencher une intervention militaire préventive au besoin. « Toutes les options sont sur la table », a-t-il précisé.

Pendant ce temps, la Corée du Nord poursuit ses tests de missiles balistiques, ce qui inquiète ses voisins immédiats, soit la Corée du Sud et le Japon, dorénavant à portée de tir. L'an dernier, Pyongyang a procédé à deux essais nucléaires et à 24 tirs de missiles balistiques de longue distance. Selon les observateurs, les Nord-Coréens n'ont pas encore acquis le degré de précision et de miniaturisation pour doter ses missiles d'ogives nucléaires. Cela ne saurait toutefois tarder.

Fidèle à son habitude, le président Donald Trump a utilisé son compte Twitter pour commenter la situation. À ses yeux, la Corée du Nord « se comporte très mal » et se moque des États-Unis depuis trop longtemps. Il a ajouté que la Chine, principal allié de la Corée du Nord, n'a pas fait grand-chose pour aider.

La semaine dernière, Trump a augmenté le budget de la défense de 10 % pour le porter à 574 milliards de dollars. Ce n'est certes pas pour livrer des batailles de tartes à la crème. Facile de jouer le fanfaron quand on reste bien planqué dans son bunker.

Samedi, Rex Tillerson a d'ailleurs poursuivi son périple en Asie avec un arrêt à Pékin. Si elle soutient le régime de Kim Jong-un, la Chine craint évidemment une détérioration de la situation. Elle connaît bien le personnage, l'humeur imprévisible du dictateur.

À l'issue de la visite du Secrétaire d'État, la Chine et les États-Unis ont convenu de collaborer pour amener la Corée du Nord vers une « voie différente » de celle du nucléaire. La Chine, qui détient 7 % de la dette américaine, a un bon levier pour faire pression sur Washington.

Donald Trump et Rex Tillerson sont assez vieux pour conserver un excellent souvenir de la crise des missiles de Cuba en 1962. Pendant douze jours, le monde a retenu son souffle de crainte que l'épreuve de force entre Moscou et Washington ne dégénère en guerre nucléaire.

La rhétorique des deux hommes envers la Corée du Nord ravive cette inquiétude. Toujours marqués par l'horreur d'Hiroshima et de Nagasaki, le Japon et le reste du monde ne veulent pas revivre ce genre de tragédie. Il revient maintenant à la communauté internationale et aux populations d'exprimer clairement leur désaccord envers l'attitude belliqueuse de Washington.




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