Saute d'humeur

Sophie Grégoire Trudeau... (Archives, Le Soleil)

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Sophie Grégoire Trudeau

Archives, Le Soleil

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ÉDITORIAL / Il y a des jours où l'actualité me désespère. Cette controverse, par exemple, sur le message de Sophie Grégoire Trudeau, à l'occasion de la Journée internationale des femmes. «Célébrons les garçons et les hommes qui nous encouragent à être qui nous sommes vraiment, qui traitent les filles et les femmes avec respect et qui n'ont pas peur de parler haut devant les autres».

On lui a reproché d'utiliser cette journée consacrée à la femme pour célébrer les hommes... Quand même! Justin Trudeau a été interpellé sur le sujet en conférence de presse. C'est comme s'il n'y avait pas d'autres sujets plus importants dans ce monde de fou où la Corée du Nord joue avec des missiles nucléaires, où des milliers de migrants franchissent les frontières pour fuir la guerre ou la famine, et où la vie sur terre est menacée par les changements climatiques.

Retour à Sophie Grégoire Trudeau: son chum est féministe et elle en est fière. Me semble que si c'est la Journée de la femme, la conjointe du premier ministre du Canada a bien le droit d'avoir son message à elle, non? Qu'elle n'est pas obligée de copier automatiquement les messages habituels des lobbies et des institutions.

Une autre histoire m'a désespéré: ces gens de Saint-Apollinaire qui sont allés à l'hôtel de ville pour bloquer le projet de cimetière musulman sur leur territoire. Ils ont peur qu'une mosquée suive, que le tiers de la ville devienne un jour occupé par des musulmans. Quand même! C'est triste de constater à quel point on a souvent peur d'avoir peur. Et qu'à force de se créer des scénarios de peur, on finit par justifier n'importe quoi. Me semble qu'après le drame du 29 janvier, c'est un beau geste d'accueil et de générosité de la municipalité d'accepter ce cimetière. Qu'est-ce qu'ils veulent, les opposants au projet? Qu'on retourne les dépouilles des personnes décédées dans leurs pays d'origine? Qu'on les envoie à la mer, ou dans l'espace?

Quand on regarde ce qui se passe ailleurs, on constate à quel point on vit dans une bulle de paix et de richesse au Québec et au Canada. Une bulle où nos dirigeants politiques, bien qu'imparfaits, ne sont pas des paranoïaques comme aux États-Unis, des dictateurs comme en Turquie, ou des fous comme en Corée du Nord. Alors qu'on se calme un peu avant de gaspiller nos énergies sur des vétilles.

Pour revenir à cette Journée internationale des femmes, j'applaudis aux propos de Sophie Grégoire Trudeau parce qu'il est vrai qu'il faut encourager les gars décents et respectueux, surtout quand on voit quel genre d'énergumène irrespectueux les Américains ont élu à la présidence.

Pour le reste, je constate qu'il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour profiter davantage de la contribution des femmes dans nos sociétés occidentales. Je dis bien «profiter», parce qu'une étude récente a démontré à quel point nous serions tous gagnants si on parvenait à réduire l'écart salarial entre les hommes et les femmes, et à augmenter la participation de celles-ci au monde du travail. «Une croissance de 105 milliards $ de notre Produit national brut» selon Price Waterhouse.

Nos politiques sur l'équité salariale n'ont pas tout réglé: selon l'OCDE, le Canada est le septième pays où les écarts salariaux hommes femmes sont les plus grands parmi 34 pays industrialisés.

Alors on se retrousse les manches et on continue de travailler pour changer les choses. Je ne prétends pas avoir la solution à tout, mais je constate que ceux et celles qui font des efforts dans ce sens méritent d'être encouragés... même si ce sont des hommes!




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