Prendre soin de nous et de notre planète

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L'achat de produits locaux permet de protéger notre environnement. En plus de favoriser l'économie locale, la diminution de la distance entre le producteur et le consommateur, il réduit la consommation d'énergie pour le transport ainsi que l'emballage requis.

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Lucie Laramée
La Tribune

ANALYSE/ Le mois de mars est celui de la nutrition. Avoir une alimentation saine est un objectif pour notre santé et peut également réduire notre empreinte écologique. Certaines perspectives sont à considérer lorsque nous planifions nos achats liés à l'alimentation pour contribuer à protéger notre planète.

L'achat de produits locaux permet de protéger notre environnement. En plus de favoriser l'économie locale, la diminution de la distance entre le producteur et le consommateur, il réduit la consommation d'énergie pour le transport ainsi que l'emballage requis. Aussi, les façons de faire diffèrent d'une région à l'autre. Par exemple, les États-Unis s'apprêtent à imiter le Canada et interdire l'utilisation du bromure de méthyle pour la culture des fraises. Ce composé chimique figure sur la liste des substances détruisant la couche d'ozone et il est interdit ici depuis 2005.

Plusieurs spécialistes répètent les avantages de réduire notre consommation de viande rouge. Un citoyen vivant dans un pays industrialisé consomme en moyenne 76 kg de viande par année et la demande mondiale augmente. Les terres riches en biodiversité sont convoitées pour l'élevage de ces animaux. À l'inverse, les régimes végétariens permettent de réduire notre empreinte écologique. Par exemple, la culture des légumineuses demande peu d'eau et d'énergie comparativement à la production de viande.

Il est connu que la consommation de poissons est à privilégier pour une saine alimentation. Cependant, le biologiste Daniel Pauly, nommé Scientifique de l'année par Radio-Canada, décrit que « la pêche industrielle est en train de vider les océans ». Nous devons favoriser les pratiques d'aquaculture et de pêche plus respectueuses de l'environnement. En ce sens, le programme de certification internationale MSC (Marine Stewardship Council) permet aux acteurs de cette industrie de prouver que leurs pratiques satisfont les critères d'une gestion responsable des ressources. Le consommateur peut rechercher le logo de pêche responsable MSC sur les emballages.

En ce qui a trait aux pesticides, l'Organisation mondiale de la santé stipule que, « chez l'enfant, l'exposition chronique à de faibles doses de pesticides a notamment des effets sur le système nerveux, sur le développement et sur la fonction de reproduction ». Un rapport du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec sur les résidus de pesticides dans les fruits et légumes frais vendus au Québec révèle la présence de ces résidus dans environ 40 % des produits. Les concentrations ont excédé la norme canadienne à quelques reprises dans cette étude.

Les pesticides peuvent également contaminer l'environnement. Un rapport du ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques sur la présence de pesticides dans l'eau près de secteurs maraîchers indique qu'environ la moitié des puits échantillonnés contiennent des pesticides. De plus, ces composés peuvent altérer la santé de certaines espèces et la situation des abeilles en est un exemple. Un groupe international de 50 scientifiques indépendants, le Groupe de travail sur les pesticides systémiques, confirme que les pesticides néonicotinoïdes, utilisés ici par exemple pour traiter les semences de maïs, sont impliqués dans le déclin des abeilles. Ce type de pesticides aurait également un effet sur l'humain. La présence de pesticides est à considérer lors des achats autant pour notre santé que pour celle de notre planète. Les produits de culture biologique sont une alternative à considérer lorsque ceci est possible.

Une nouvelle composante de notre alimentation mérite notre attention. L'huile de palme, issue du palmier à huile, est utilisée dans les aliments transformés en réponse au besoin de réduire notre consommation de gras trans. La consommation de cette huile devrait doubler d'ici 2030. Selon le WWF (World Wildlife Fund), « le développement des palmiers à huile est la principale cause de déforestation en Asie du Sud-Est, menaçant les dernières forêts tropicales naturelles abritant les orangs-outangs, éléphants de Sumatra ou encore les dernières populations de tigres ». Aussi, de grandes quantités de gaz à effet de serre sont émises en brûlant les forêts pour cultiver ces palmiers. Ceci incite à privilégier la consommation de produits non transformés.

Finalement, une planification des repas améliore notre alimentation. Ceci permet également de réduire le gaspillage de nos ressources alimentaires. L'Organisation des Nations unies, la FAO (Food and Agriculture Organization), estime qu'il se jette 30 % de la production planétaire de nourriture. Au Québec, Recyc-Québec estime que 47 % du gaspillage alimentaire se fait par le citoyen.

Une production alimentaire et une alimentation plus saines sont bénéfiques autant pour l'environnement que pour notre santé. Les impacts environnementaux reliés aux activités de production et de transport sont importants dans ce domaine. Une alimentation bien planifiée, privilégiant les produits moins transformés, locaux, de saison, issus de pratiques respectueuses est à privilégier autant pour notre santé que pour celle de notre planète.

Lucie Laramée




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