Mauvaise planification?

ÉDITORIAL / La Ville de Sherbrooke a-t-elle été prise de court ou a-t-elle fait... (Archives, La Tribune)

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Denis Dufresne
La Tribune

(Sherbrooke) ÉDITORIAL / La Ville de Sherbrooke a-t-elle été prise de court ou a-t-elle fait une mauvaise planification dans le dossier du garage municipal dont deux bâtiments devront être démolis pour des raisons de sécurité?

La question se pose au moment où les élus viennent de réserver d'urgence, lundi soir, une somme de 2,5 millions $ pour la démolition d'un garage et de l'immeuble du Service de l'approvisionnement, d'ici un mois. Ce montant comporte également l'achat d'un abri démontable de 875 000 $ où seront stationnés les véhicules municipaux d'ici la construction des nouvelles installations dans le parc industriel, en 2019.

Cette somme de 2,5 millions $ proviendra d'une part des fonds prévus à l'origine pour la réalisation des plans et devis du futur garage et d'autre part du budget de 2017 et de fonds non encore engagés de 2016.

C'est à la suite d'un rapport d'ingénierie, déposé fin décembre, que la Ville de Sherbrooke avait décidé d'évacuer par mesure de précaution le bloc «D» qui abritait les véhicules municipaux, l'obligeant ainsi à identifier rapidement un plan «B», même si l'état de désuétude des lieux était connu depuis au moins 2014.

Quant à l'immeuble de bureaux qui doit aussi être démoli, les employés municipaux y sont toujours.

Rénover et mettre à niveau les installations de la rue des Grandes-Fourches, qui datent de 1952, aurait nécessité l'injection de 5,7 millions $, un choix rejeté par la Ville qui envisage depuis quelques années leur relocalisation dans le parc industriel en raison du fait qu'elles sont en zones inondables.

La relocalisation graduelle des installations avait été évoquée officiellement en décembre 2014 lors du dépôt du budget de l'année 2015. Une somme de 7,2 millions $ avait alors été réservée à cette fin dans le cadre d'un projet de 37 millions $ sur 10 ans.

À l'époque, le conseiller du district Centre-Sud, Serge Paquin, avait souligné que le garage municipal montrait «des signes d'usure importants» et qu' «il aurait fallu investir si on ne déménageait pas».

Pourtant, rien n'a été fait ni en 2015 ni en 2016 malgré les 7,2 millions $ réservés pour le projet de transfert graduel dans le parc industriel.

En novembre 2016, le maire Bernard Sévigny avait affirmé pour sa part qu'il n'y avait «pas d'urgence de déménager». Un mois plus tard, les élus décidaient de récupérer cette somme et de l'affecter en grande partie (5,9 millions $) au budget d'immobilisations de 2017 afin de l'équilibrer.

Le reste, 1,2 million $, avait été retenu pour la préparation des plans et devis en vue de la construction des nouvelles installations en 2019.

Cette dernière somme sera finalement utilisée pour financer la démolition du garage et de l'immeuble de bureaux, comme l'ont décidé les élus lundi soir.

La décision de reporter le projet de nouveau garage municipal apparait aujourd'hui étonnante puisque le rapport d'ingénierie déposé le 22 décembre dernier avait démontré qu'on ne pouvait garantir la sécurité des installations actuelles, qui avaient du reste été évacuées le jour même et qui sont inutilisées depuis.

D'autant plus que cette inspection commandée dans les derniers mois de l'année 2016 était la première depuis 20 ans. Connaissait-on vraiment l'état des lieux?

La Ville de Sherbrooke doit évidemment faire des choix au plan budgétaire, car les projets d'immobilisations sont nombreux.

Mais, dans le cas du garage municipal, elle donne l'impression d'avoir mal évalué la situation et doit aujourd'hui agir de manière urgente.




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