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Denis Dufresne
La Tribune

(Sherbrooke) ÉDITORIAL / La lutte au décrochage scolaire est un combat de tous les jours et la 8e édition des Journées de la persévérance scolaire en Estrie est là pour nous le rappeler.

Cette semaine de sensibilisation organisée par la Table estrienne de concertation interordres en éducation (TECIÉ) et le Projet Partenaires pour une réussite éducative en Estrie (PRÉE) comporte pas moins de 275 activités dans les écoles, les organismes communautaires et les bibliothèques, entre le 13 et le 17 février.

Hier, lors du lancement des Journées de la persévérance scolaire en Estrie, la coordonnatrice du Projet PRÉE, Josiane Bergeron, a rappelé que la réussite scolaire est l'affaire de tous: enseignants, parents, professionnels des services éducatifs, employeurs et organismes de lutte à la pauvreté.

Et la mobilisation donne des résultats: entre 2003 et 2015, le taux de diplomation est passé de 65,2 pour cent à 73 pour cent dans le secteur public en Estrie, alors qu'il est de 74,9 pour l'ensemble du Québec.

Il s'agit incontestablement d'un progrès, mais il reste encore beaucoup de chemin à faire puisque le taux de diplomation visé par le gouvernement du Québec d'ici 2020 est de 80 pour cent, incluant les secteurs public et privé. Le taux actuel pour l'ensemble du Québec (public et privé) est de 78,8 pour cent.

Toutefois, il n'existe pas de données régionales combinant les taux de diplomation des secteurs privé et public, ce qui rend difficile toute comparaison avec les données nationales.

Le Projet PRÉE, qui a vu son financement être réduit de 950 000 $ à 500 000 $ en 2015, demeure malgré tout sur les rails et est en attente d'un nouveau financement du ministère de l'Éducation.

En novembre dernier, l'organisme a adopté une stratégie 2016-2020 axée notamment sur la valorisation et la promotion des différents parcours de formation, une meilleure préparation pour l'entrée à l'école des nouveaux élèves et l'accroissement de l'intérêt pour la lecture chez 0-20 ans et leurs parents.

La réussite scolaire dépend de multiples facteurs: il y a bien sûr le milieu de vie et le taux de pauvreté, mais aussi la valorisation du savoir et la disponibilité de ressources suffisantes à l'école, notamment pour les élèves avec des difficultés d'apprentissage.

Or, le gouvernement Couillard a imposé au cours des dernières années d'importantes coupes budgétaires dans les services aux élèves - techniciens en enseignement spécialisé, orthopédagogues et psychoéducateurs, notamment - avec les impacts que cela peut comporter pour des jeunes qui risquent de traîner des carences le reste de leur vie.

Par exemple, en 2014-2015, la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke avait même dû supprimer l'aide aux devoirs et réduire le budget de certains programmes comme la « Stratégie persévérance et réussite » pour les jeunes du secondaire!

À l'heure de l'économie du savoir, il est inadmissible qu'un élève sur cinq quitte l'école sans diplôme ni qualification et risque ainsi de se retrouver avec des emplois précaires et faiblement rémunérés.

Josiane Bergeron signale à ce propos qu'un jeune décrocheur gagne en moyenne 15 000 $ de moins par année que celui qui termine son secondaire V et a deux fois plus de chance d'avoir recours à l'assurance-emploi.

Hier, un sondage Léger révélait que 70 pour cent des employeurs québécois ont de la difficulté à recruter de la main-d'oeuvre et dans 37 pour cent des cas, il s'agit d'emplois exigeant une scolarité du secondaire.

Le gouvernement Couillard a certes annoncé dans son budget 2016-2017 un réinvestissement de 330 millions $ sur trois ans dans le réseau primaire et secondaire.

Mais après des compressions de 950 millions $ depuis 2010-2011, selon la Centrale des syndicats du Québec, il faudra faire bien davantage pour bâtir le Québec de demain.

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