Une sage décision

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Denis Dufresne
La Tribune

(Sherbrooke) ÉDITORIAL / L'abandon par le gouvernement Couillard de la réforme du Programme de crédit de taxes foncières agricoles (PCTFA) est une sage décision qui met fin à des mois d'affrontement stérile avec l'Union des producteurs agricoles (UPA) et qui permettra de sauver la saison de motoneige.

Devant l'imminence du blocage des sentiers de motoneige qui traversent les terres agricoles, le nouveau ministre de l'Agriculture, Laurent Lessard, a eu la sagesse d'être plus pragmatique que son prédécesseur, Pierre Paradis, qui avait engagé un véritable bras de fer avec les agriculteurs et refusait de discuter.

L'UPA, qui avait l'appui de la Fédération québécoise des municipalités, martelait depuis des mois que la réforme du PCTFA entraînerait des augmentations de taxes foncières 30 à 40 pour cent pour 80 pour cent des agriculteurs en 2017.

Elle avait même réclamé la tête du ministre Pierre Paradis, ce que le premier ministre Philippe Couillard avait refusé, disant même ne pas croire que des agriculteurs seraient étranglés par leur compte de taxes foncières.

Par la suite, M. Paradis a été exclu du conseil des ministres et du caucus libéral puisqu'il est visé par une enquête de la Sûreté du Québec à la suite d'une plainte de nature sexuelle.

Le dossier n'est pas réglé pour autant puisque Québec a nommé le fiscaliste Luc Godbout comme expert indépendant en vue de déterminer si les modifications au PCTFA désavantagent réellement les agriculteurs, comme le soutient l'UPA, ou si elles bénéficieront au contraire à une majorité d'entre eux.

Mais, au moins, le ministre Lessard a entendu les agriculteurs.

Une fermeture des sentiers aurait eu un impact très négatif dans les régions alors que la saison de motoneige bat son plein et que cette activité entraîne des retombées économiques majeures, notamment lors d'événements comme le Grand Prix de Valcourt.

On peut certes déplorer la stratégie de l'UPA qui menaçait de prendre en otage une industrie touristique avec laquelle elle entretient généralement de bons liens.

Mais il est très décevant de constater que l'ancien ministre Paradis n'ait pas pris le temps de discuter plus à fond avec le monde agricole et ait laissé la situation s'envenimer de la sorte.

Un choix nécessaire

La décision des Forces armées canadiennes de se départir d'ici quelques années du manège militaire William, dans le Vieux-Nord de Sherbrooke, en raison de sa décrépitude, était en quelque sorte prévisible d'autant plus que le manège de la rue Belvédère, moins âgé, requiert des travaux de réfection majeurs, évalués entre 60 et 70 millions $.

Il reste maintenant à savoir ce qu'il adviendra de cet édifice patrimonial érigé en 1839 et, surtout, si un organisme sans but lucratif tentera de le préserver et de lui trouver une nouvelle vocation.

Michel Harnois, directeur général de la Société d'histoire de Sherbrooke, rappelle que la partie la plus ancienne de cet édifice a abrité le deuxième Palais de justice de Sherbrooke et faisait alors partie de ce qui était le quartier judiciaire, avant d'être utilisée par les Sherbrooke Hussars à compter de 1914.

Même si ce n'est pas pour tout de suite, sa sauvegarde et sa mise en valeur représenteront tout un défi, en plus d'exiger beaucoup d'argent et de conviction.

Le projet de revitalisation de la prison Winter, inoccupée depuis 1990, que caresse la Société d'histoire de Sherbrooke, est un bel exemple.

L'inventaire architectural et patrimonial que doit réaliser la Ville de Sherbrooke permettra sans doute d'identifier des priorités, mais impliquera aussi des choix douloureux lorsqu'il faudra investir des fonds publics.

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