Ville sanctuaire

L'Université Bishop's choisit de renoncer aux droits d'admission... (Archives La Tribune, René Marquis)

Agrandir

L'Université Bishop's choisit de renoncer aux droits d'admission pour les ressortissants de certains pays à majorité musulmane.

Archives La Tribune, René Marquis

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Pierre-Yvon Bégin

Collaborateur aux pages Opinions de La Tribune.

La Tribune

Dans un geste symbolique, l'Université Bishop's choisit de renoncer aux droits d'admission pour les ressortissants de certains pays à majorité musulmane. Belle façon de démontrer l'ouverture de cette institution d'enseignement envers la diversité culturelle. Habile manière de contrer l'effet d'entraînement d'un récent décret du nouveau président des États-Unis.

Clairement raciste, ce décret interdit pour 90 jours l'entrée en sol américain des personnes originaires de l'Iran, de l'Iraq, de la Libye, de la Syrie, de la Somalie, du Soudan et du Yémen.

Cette résistance passive, qui s'inspire de la vie de grands apôtres de la paix, Mahatma Ghandi et Martin Luther King, n'entraînera pas de répercussion majeure pour Bishop's.

Pourtant, la portée de sa décision frappe de plein fouet la conscience et l'imaginaire collectifs. Elle marque nettement une opposition aux idées de division et de haine véhiculées par Donald Trump.

Plusieurs ont d'ailleurs choisi de lutter en faveur de la diversité culturelle.

Le ministre de la Justice de l'État de Washington a déposé une plainte, considérant que le décret Trump sur l'immigration viole la Constitution américaine.

Les recours en justice vont se multiplier, notamment par de grandes villes et entreprises. Les Amazon, Expedia, Google, Microsoft, Apple, Facebook et Netflix ont déjà exprimé leurs vives inquiétudes à ce sujet.

De grandes villes américaines comme Los Angeles (1979), Chicago et New York (2012) ont depuis longtemps affirmé leur statut de ville sanctuaire. À ce titre, 37 villes américaines appliquent une politique de protection des migrants sans papiers.

Ces dernières refusent d'appliquer les lois fédérales et de pourchasser les illégaux. Elles ont affirmé qu'elles ne collaboreront pas davantage pour satisfaire les décrets anti-immigration du nouveau président. Même si cette administration menace de leur couper les vivres, elles maintiennent leur position. La résistance s'organise.

Au Canada, les villes de Toronto, Vancouver et Hamilton ont emboité le pas bien qu'elles ne soient aucunement visées par les ordres de Washington.

Elles veulent tout d'abord marquer leur opposition à une attaque en règle contre des ethnies ou des groupes de citoyens miséreux qui ont davantage besoin de protection. C'est tout à leur honneur.

Sherbrooke pourrait s'inspirer de ce mouvement et se joindre à cette initiative purement symbolique.

Par la défense du blogueur Raif Badawi, la Ville de Sherbrooke s'inscrit déjà parmi les communautés dans le monde désirant défendre les plus faibles.

La cité pourrait aussi se coiffer du titre de ville sanctuaire pour clamer haut et fort que sa population tend les bras aux peuples méprisés de la planète. Cette dernière le démontre déjà avec l'accueil des réfugiés syriens. Il s'agira d'une façon supplémentaire de concrétiser le « plus jamais » prononcé à l'issue de la Seconde Guerre mondiale.

La dernière tuerie dans une mosquée de Québec illustre aussi que le racisme peut ressurgir et frapper au Québec à tout moment. Par ses propos, la classe politique a été exemplaire.

Maire de Montréal, Denis Coderre a certes été le plus percutant. « Ce n'est pas juste des membres de la communauté musulmane que nous avons perdus, ce sont des Québécois à part entière qui ont été lâchement assassinés », a-t-il déclaré aux funérailles jeudi.

C'est ainsi que le Canada et le Québec doivent dire non au racisme et à la xénophobie. Quand une candidate à la chefferie d'un parti politique propose de créer un test de valeurs canadiennes aux immigrants, il faut également lui signifier que ce n'est pas le genre de leader dont le pays a besoin.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer