Un outil indispensable

ÉDITORIAL / La disparition annoncée du projet Partenaires pour une réussite... (Archives, La Presse)

Agrandir

Archives, La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Denis Dufresne
La Tribune

(Sherbrooke) ÉDITORIAL / La disparition annoncée du projet Partenaires pour une réussite éducative en Estrie (PREE) est une autre conséquence de l'abolition des Conférences régionales des élus (CRE), décrétée par le gouvernement Couillard en 2015, et témoigne de la lente érosion des ressources en éducation depuis quelques années.

Il reste à voir quel en sera l'impact sur la lutte au décrochage scolaire, une grande priorité de la région.

Le PREE, dont l'un des partenaires financiers était la CRE de l'Estrie, est chargé de la mise en oeuvre du plan d'action de la Table estrienne de concertation interordres en éducation (TECIÉ) pour lutter contre le décrochage scolaire.

Il avait vu son financement être réduit de 950 000 $ à 500 000 $ en 2015, conséquence des coupes budgétaires en matière de lutte au décrochage scolaire, avant que l'entente spécifique qui assurait son financement prenne fin en juin dernier.

Toutefois, il faut saluer l'intention de la TECIÉ de se donner un nouvel outil de concertation en vue de poursuivre la mission du PREE.

Car les efforts pour soutenir la persévérance scolaire ne doivent pas être abandonnés.

Le projet PREE a vu le jour il y a une douzaine d'années à l'initiative de la TECIÉ, qui regroupe plusieurs partenaires, dont les commissions scolaires, l'Université de Sherbrooke, Bishop's, les cégeps de Sherbrooke et Champlain.

Il a été un exemple de mobilisation et de sensibilisation à la cause de la réussite éducative en impliquant des acteurs en périphérie de l'école: notamment la communauté, les parents, les employeurs, les syndicats et les organismes de lutte à la pauvreté.

Et les résultats sont làx: les données de la TECIÉ démontrent qu'entre les années 2003-2004 et 2012-2013 le taux de décrochage scolaire a diminué de 28,5 pour cent à 19 pour cent en Estrie chez les moins de 20 ans.

Malgré ces bons résultats, les efforts doivent être poursuivis alors que le taux de décrochage moyen en Estrie, sur trois ans, est de 20,4 pour cent.

À l'heure de l'économie du savoir, tant vantée par nos gouvernements, il est sidérant de constater qu'un élève sur cinq quitte l'école sans diplôme ni qualification, se condamnant ainsi à occuper des emplois précaires et la plupart du temps faiblement rémunérés.

Une réalité d'autant plus cruelle que la région est confrontée à une pénurie de main-d'oeuvre : selon les données d'Emploi-Québec pas moins 5700 postes en moyenne seront à combler annuellement d'ici 2019.

La lutte contre le décrochage scolaire ne doit toutefois pas faire oublier les causes de ce phénomène, notamment la pauvreté et les difficultés d'apprentissage chez les élèves.

À cet égard, le gouvernement Couillard a fort à faire pour démontrer que l'éducation est vraiment sa priorité.

Depuis 2010 il a imposé d'importantes compressions dans les services aux élèves handicapés et en difficulté d'apprentissage, abolissant de nombreux postes de psychoéducateurs, psychologues, orthopédagogues et conseillers pédagogiques dans les commissions scolaires.

En mars dernier, Québec annonçait un financement supplémentaire de 165 millions $ par année pour soutenir la réussite des élèves, notamment ceux des milieux défavorisés, et 20 millions $ pour les jeunes avec des difficultés d'apprentissage ou des handicaps.

C'est bien, mais insuffisant pour rattraper tout le terrain perdu au cours des dernières années.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer