Un pas dans la bonne direction, mais insuffisant

ÉDITORIAL / L'augmentation du salaire minimum de 50 cents l'heure pour le... (Archives, La Tribune)

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Denis Dufresne
La Tribune

(Sherbrooke) ÉDITORIAL / L'augmentation du salaire minimum de 50 cents l'heure pour le porter à 11,25 $ à compter du 1er mai constitue un pas dans la bonne direction, mais ne permettra pas à de nombreux travailleurs de se sortir de la pauvreté.

En annonçant cette mesure, hier, la ministre du Travail, Dominique Vien, a indiqué que le gouvernement entend porter graduellement le salaire minimum à 12,45 $ l'heure en 2020, si l'économie se porte bien, loin donc du 15 $ l'heure réclamé par les syndicats et les groupes communautaires.

Au Canada, seule l'Alberta prévoit faire passer le salaire minimum à 15 $ l'heure, en octobre 2018. Aux États-Unis, l'État de New York atteindra cette cible en 2021 et la Californie en 2022.

Selon l'Institut de la statistique du Québec, 210 000 personnes travaillaient au salaire minimum en 2015, dont 60 pour cent à temps partiel.Un million de salariés québécois touchent moins de 15 $ l'heure.

La question du salaire minimum renvoie à la fois à des enjeux économiques, sociaux et moraux. Pour de nombreuses petites entreprises, dépanneurs, restauration, entretien ménager, hébergement, etc., une hausse trop abrupte ou trop rapide du salaire minimum pourrait avoir un impact négatif, obliger l'employeur à augmenter ses prix ou ses tarifs, voire réduire les heures de travail de ses employés ou même faire des mises à pied.

En revanche, il est difficile de croire que de grandes chaînes comme McDonald's, Walmart ou Home Depot, qui réalisent des milliards en profits par année, feraient banqueroute si le salaire minimum passait à 15 $ l'heure.

Le Conseil du patronat du Québec a raison de mettre en garde le gouvernement au sujet de la marge de manoeuvre limitée de certaines entreprises, notamment les PME, mais ne fait malheureusement pas cette nuance.

Autre aspect : il est inconcevable, par exemple, que des préposés aux bénéficiaires dans des résidences privées pour personnes âgées soient rémunérés 12,50 $ l'heure, en moyenne, compte tenu des compétences techniques et relationnelles que ce travail exige.

Il est vrai que le gouvernement du Québec a mis en place des mesures pour soutenir les ménages à faible revenu, notamment avec le crédit de solidarité et le soutien pour enfants.

Malheureusement, un travailleur à temps plein au salaire minimum (35 heures par semaine) gagne actuellement 19 565 $ par année avant impôt, donc sous le seuil du faible revenu, ce qui, dans bien des cas, l'oblige à fréquenter les banques alimentaires. Les entreprises ont certes leurs contraintes, mais il n'est pas normal que le fait de travailler à temps plein ne permette pas de sortir de la pauvreté.

Merci Mme David

Le départ à la retraite de la cofondatrice de Québec solidaire et députée de Gouin, Françoise David, après cinq ans de vie parlementaire, est une lourde perte pour ce parti de gauche, féministe, écologiste et indépendantiste, mais aussi pour la vie démocratique québécoise.

Femme de conviction, et c'est peu dire, Mme David a été de toutes les luttes sociales des 30 dernières années, comme féministe, mais aussi pour la défense des démunis, des aînés et de la justice sociale.

Cette politicienne engagée, articulée et passionnée a donné une voix à la gauche progressiste à l'Assemblée nationale et a fait honneur à la fonction de députée, à mille lieues de certains politiciens arrogants, suffisants et adeptes de la ligne de parti.

Malgré des ressources limitées et seulement trois députés, David, Khadir et Massé, Québec solidaire apporte une réflexion et des propositions intelligentes pour le Québec d'aujourd'hui et celui de demain. Et ça, par les temps qui courent, on en a grand besoin.

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