Une véritable embellie?

ÉDITORIAL / L'embellie que connaît le marché de l'emploi en Estrie, avec le... (Archives, La Tribune)

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Denis Dufresne
La Tribune

(Sherbrooke) ÉDITORIAL / L'embellie que connaît le marché de l'emploi en Estrie, avec le plus bas taux de chômage depuis le ralentissement économique de 2009, est une très bonne nouvelle pour la région, pourvu qu'il ne s'agisse pas d'un phénomène passager.

Avec un taux de chômage de 6,1 pour cent en 2016, contre 7,1 pour cent pour l'ensemble du Québec, l'Estrie fait donc bonne figure.

Paradoxalement, la région comptait 700 emplois de moins en 2016 qu'en 2015, pour un total de 153 000, une situation qui s'expliquerait par le fait que de plus en plus de personnes de 55 ans quittent la population active.

La baisse du taux de chômage pourrait-elle également s'expliquer par le fait que des personnes sans emploi ont tout simplement décidé d'abandonner leur recherche par découragement?

Le professeur Marc Van Audenrode, de l'École de gestion économique de l'Université de Sherbrooke, ne le croit pas.

Il affirme que le marché du travail s'est beaucoup amélioré depuis six mois au Québec, avec la création de près de 100 000 emplois.

Tout cela ne change toutefois rien au fait que l'Estrie, tout comme les autres régions du pays, est confrontée à un manque de main-d'oeuvre en raison principalement de la diminution de la population en âge de travailler, les 15 à 64 ans, ce qui cause déjà beaucoup de problèmes aux entreprises qui doivent parfois refuser des contrats ou des commandes.

On pourrait ajouter que le taux élevé de décrochage scolaire, près de 20 pour cent en Estrie, prive également les entreprises d'une main-d'oeuvre formée et compétente, ce qui n'augure rien de bon pour l'avenir.

La chance au coureur

La décision du Vert & Or d'embaucher Brent Bailey, un unilingue anglophone, comme coordonnateur offensif suscite de l'étonnement, voire une certaine colère, chez les lecteurs de La Tribune étant donné que cette organisation est rattachée à l'Université de Sherbrooke, une institution francophone où les étudiants footballeurs sont francophones.

Elle envoie également un message ambigu aux joueurs francophones qui aspirent à devenir entraîneurs, d'autant plus que le football collégial et universitaire a connu un essor prodigieux depuis 20 ans au Québec.

Cette affaire survient dans le contexte où la question linguistique dans le milieu du sport vient de susciter une nouvelle controverse alors que le hockeyeur Julien Gauthier a confié lors d'une entrevue à TVA Sports que les joueurs francophones d'Équipe Canada n'avaient pas le droit de parler français entre eux dans le vestiaire pour ne pas briser l'esprit d'équipe.

Que Hockey Canada impose l'anglais à des joueurs francophones est franchement méprisant et déboulonne encore un peu plus le mythe d'un Canada bilingue.

Mais qu'une organisation comme le Vert & Or retienne les services d'un entraîneur unilingue anglophone pour ses compétences et ses qualités humaines mérite quelques nuances, d'autant plus que Brent Bailey entend apprendre le français.

Il l'a dit à la Corporation études-sports de l'Université de Sherbrooke et l'a répété à notre collègue de la section des sports, Sébastien Lajoie.

On peut certes s'étonner que cet Albertain d'origine n'ait pas daigné se mettre au français plus tôt puisqu'il a été responsable de l'attaque des Gaiters de l'Université Bishop's pendant cinq ans... Cinq ans au Québec sans ressentir le besoin de parler la langue de la majorité, il faut quand même le faire!

Cela dit, il faut savoir que le Vert & Or compte 10 autres entraîneurs francophones et que tout le monde parle en français sur le terrain. M. Bailey aura donc l'occasion de se familiariser avec notre langue. En fait il n'aura pas le choix.

Il faut donc lui souhaiter la bienvenue et bonne chance.

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