Mobilité intelligente? Vraiment!

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Dans l'éditorial du journal Le Devoir du 3 janvier dernier intitulé Transports en commun vastes promesses faibles résultats, nous pouvions lire : « À Montréal, la croissance du parc automobile dépasse largement celle de la population. Quoi qu'en disent les banlieusards, la solution au problème de la congestion ne passe pas par un accroissement des voies de circulation rapides, mais par un bouquet de projets et de politiques publiques visant à augmenter la part modale des transports en commun et des transports actifs ».

Pendant ce temps, à Sherbrooke, le parc automobile affiche une croissance soutenue, la congestion est de plus en plus présente dans nos rues, la part modale du transport en commun diminue et le transport actif est dans l'indigence. Afin d'inverser cette tendance, la Société de transport de Sherbrooke (STS) nous annonce son engagement dans la mobilité « intelligente », exit la mobilité durable. Sur le site Facebook de la STS nous pouvons en lire ce qui suit : « L'automobile individuelle est de moins en moins au coeur de la définition socioéconomique et culturelle de la mobilité. Cette tendance tend à s'amplifier au fur et à mesure que les personnes prennent conscience des bénéfices du cocktail transport, c'est-à-dire un mélange intelligent de moyens de transport pour que chacun puisse effectuer ses déplacements sans recourir uniquement à la voiture solo (sic), mais aussi aux modes de transports actifs et collectifs, au taxi, à la location ou au partage de voitures, au covoiturage, etc. »

Nous nageons ici en pleines contradictions. D'une part, la Ville de Sherbrooke nous présente un concept intelligent, plagié sur les villes européennes d'avant-garde et d'autre part, elle investit encore massivement dans l'asphalte et bien peu dans les transports collectifs et actifs. La STS retourne même ses surplus d'opérations de plusieurs centaines de milliers de dollars à la Ville au lieu de les consacrer à l'amélioration des services : troublant! On ne peut promouvoir le développement des transports alternatifs d'une part, avec les investissements que cela implique, et d'autre part, continuer à favoriser l'hégémonie de l'automobile. Les bottines doivent suivre les babines.

La mobilité urbaine est un enjeu majeur, car elle touche tout le monde et ses impacts sont autant environnementaux, sociaux qu'économiques. Nous nous attendons à ce que nos élus, en toute intelligence, en fassent une priorité réelle au-delà de l'exercice de relations publiques.

Les applications mobiles et autres outils, aussi intelligents soient-ils, ne peuvent se substituer à l'intelligence humaine.

Jacinthe Harbec, Louise Masson, René Allard,

Normand M. Bengle et Gilles Daigle, Sherbrooke

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