L'espoir de 2017

Donald Trump... (Archives, La Presse)

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Donald Trump

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Pierre-Yvon Bégin

Collaborateur aux pages Opinions de La Tribune.

La Tribune

ÉDITORIAL / L'arrivée d'une nouvelle année suscite généralement en chacun de nous l'espoir d'un monde meilleur. Qu'en est-il en 2017? Événement marquant de 2016, l'élection de Donald Trump donnera assurément le ton sur la scène internationale tout comme les changements climatiques. Nous assisterons probablement à la création d'un nouvel ordre mondial.

La victoire de Trump prendra tout son sens lorsque le milliardaire accédera à la présidence des États-Unis dans 17 jours. Ce couronnement devrait sans doute déterminer la couleur de l'atmosphère politique sur la planète. À titre de voisin direct, le Canada sera évidemment aux premières loges pour assister à un changement radical des façons de faire à Washington.

La composition de son administration a confirmé les pires craintes. Trump a nommé aux postes stratégiques les personnes les plus susceptibles d'appliquer fidèlement sa vision du monde. Ceux qui souhaitaient intérieurement que la réalité de la gouvernance oblige Trump à mettre de l'eau dans son vin devraient d'ores et déjà remiser leurs lunettes roses. Le prochain président est un ultraconservateur et il s'est entouré des personnes le plus susceptibles de tourner la barre à droite.

Les exemples donnent froid dans le dos. La direction de l'Agence de protection de l'environnement (EPA) a ainsi été confiée à Scott Pruitt, un climatosceptique de la pire espèce. Ministre de la Justice de l'Oklahoma et ardent défenseur des énergies fossiles comme le pétrole et le charbon, il a multiplié les attaques ces dernières années pour miner les timides initiatives de l'Agence. Afin de parvenir à ses fins, il aurait même selon le New York Times manigancé une alliance secrète avec d'autres procureurs généraux républicains pour la saboter. Jamais l'expression un loup pour garder la bergerie n'aura trouvé meilleure illustration.

Cette seule nomination devrait avoir une influence insoupçonnée au Canada. Ottawa ne pourra faire abstraction de cette nouvelle réalité dans ses choix environnementaux. Le gouvernement de Justin Trudeau devra en tenir compte dans son désir de donner suite à l'accord de Paris sur les changements climatiques. Il pourrait placer le Canada en position de faiblesse s'il tenait à assumer à tout prix le leadership dans le secteur des énergies renouvelables. Bien malgré lui et pour éviter une grave récession, il pourrait être obligé d'adopter le raisonnement du gouvernement Harper pour renier l'accord de Kyoto.

Le défi de Justin Trudeau consistera aussi à retenir l'attention du prochain président américain. De tradition, celui-ci a toujours effectué sa première mission à l'étranger en visitant le Canada. Pas sûr que le vilain garnement va se plier aux bonnes manières de la diplomatie. À première vue, Justin Trudeau et Donald Trump, tout autant que les premières dames, se trouvent à des années-lumière l'un de l'autre. Il serait étonnant de voir s'esclaffer notre premier ministre aux blagues grossières d'un Trump sur les femmes. Les « grab them by the pussy » ne rentreront pas dans le salon des Trudeau-Grégoire.

Donald Trump semble beaucoup plus intéressé par le président russe Vladimir Poutine qu'il ne cesse d'encenser. Il paraît même prêt à passer l'éponge sur le piratage informatique effectué par la Russie durant la campagne électorale.

Les États-Unis et la Russie auront par ailleurs une action déterminante sur le conflit au Moyen-Orient. Si une victoire totale contre Daech semble peu probable, il apparaît maintenant plausible que la guerre en Syrie puisse prendre fin en 2017. C'est le voeu de l'humanité. Il comprend aussi la libération de Raif Badawi, détenu injustement par l'Arabie Saoudite.

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