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Près de trois ans après l'incendie de la Résidence du Havre, à L'Isle-Verte,... (Archives, La Presse)

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Denis Dufresne
La Tribune

(Sherbrooke) Près de trois ans après l'incendie de la Résidence du Havre, à L'Isle-Verte, qui avait causé 32 décès, certaines recommandations du coroner Cyrille Delâge ne sont pas encore en place et la majorité des résidences pour aînés n'ont toujours pas de systèmes de gicleurs.

Cette situation est pour le moins troublante à la lumière du rapport dévastateur que M. Delâge avait déposé en février 2015.

Il avait alors fait état de graves lacunes dans la surveillance de cette résidence durant la nuit du drame, du manque de formation des pompiers volontaires de l'endroit et du non-respect de normes d'hébergement pour les personnes en pertes d'autonomie.

À la suite de cette tragédie, le coroner avait notamment recommandé que la Régie du bâtiment du Québec exige l'installation de gicleurs automatiques dans toutes les résidences certifiées, anciennes et nouvelles.

Le gouvernement du Québec avait promis une série d'actions et avait adopté dès décembre 2015 une nouvelle réglementation exigeant la mise en place, d'ici décembre 2020, de gicleurs automatiques dans les résidences existantes, avec un programme d'aide financière.

Toutefois, selon les données du ministère de la Santé et des Services sociaux, en date de juillet 2014, seulement le tiers des 1937 résidences pour aînés certifiées de la province étaient munies d'un système de gicleurs, alors que les autres en étaient dépourvues et pourraient devoir se conformer aux nouvelles normes.

Or, depuis l'adoption du règlement sur les gicleurs, un peu moins de 200 demandes d'aide financière auraient été acceptées, une situation qui s'expliquerait entre autres par le coût élevé des systèmes de gicleurs automatiques et par le fait que des propriétaires craignent que le gouvernement décide de modifier les règles du jeu pour certains types de résidences.

La tragédie de L'Isle-Verte avait également soulevé des questions sur les normes de sécurité dans ce type de résidence, notamment en ce qui a trait aux plans d'évacuation.

À cet égard, le coroner Delâge avait insisté sur la formation du personnel de surveillance pour face faire aux situations d'urgence.

Québec avait ensuite annoncé, en décembre 2014, une enveloppe de 19,5 millions $ pour la formation des pompiers volontaires, promis de nouvelles règles pour la certification des résidences et annoncé un changement de procédures pour déterminer si une personne âgée est autonome ou non.

Malheureusement, les bonnes intentions du gouvernement Couillard semblent avoir faibli avec le temps.

Le quotidien La Presse révélait il y a peu que le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, s'apprêterait à revoir à la baisse les normes de surveillance dans les résidences pour aînés autonomes, peu importe leur taille, en permettant à des personnes bénévoles ou à des résidants de s'en charger, le jour comme la nuit.

La Régie du bâtiment du Québec avait toutefois rappelé au ministre Barrette que ses intentions contrevenaient à son Code de sécurité.

Le ministre prévoyait également abandonner le rehaussement du niveau de surveillance dans les résidences pour aînés en perte d'autonomie, malgré les recommandations du coroner Delâge pour la présence de personnel qualifié et en nombre suffisant.

Pourquoi le gouvernement du Québec semble-t-il vouloir faire marche arrière après avoir promis des gestes décisifs ? Subit-il de la pression de la part de certains propriétaires de résidences privées ?

Près de trois ans après le drame de L'Isle-Verte, le gouvernement Couillard doit tenir parole et démontrer aux Québécois qu'il a à coeur la sécurité des aînés.

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