Le Noël des autres

ÉDITORIAL / La Guignolée des médias et les Paniers de Noël de la Fondation... (Archives, La Tribune)

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Denis Dufresne
La Tribune

(Sherbrooke) ÉDITORIAL / La Guignolée des médias et les Paniers de Noël de la Fondation Rock-Guertin font des petits miracles chaque année, mais malgré cela des centaines de personnes doivent affronter les Fêtes dans la solitude et, bien souvent, dans le dénuement.

Heureusement, plusieurs organismes communautaires sont là avec leurs dizaines de bénévoles et organisent des repas pour les personnes seules, les aînés et les familles, une façon de leur offrir un peu de répit et de joie.

Et même de recréer, l'espace de quelques heures, une grande famille.

Par exemple, l'Armée du Salut tient aujourd'hui au 112, rue Wellington Sud son repas traditionnel de Noël avec des jeux et des activités dès 15 h, suivi du souper à compter de 17 h.

L'équipe de la Chaudronnée de l'Estrie, au 470, rue Bowen Sud, offre demain à 11 h 30 un dîner de Noël organisé par la Coalition sherbrookoise pour le travail de rue, tandis que l'Institut du monde arabe et musulman de l'Estrie donnera un souper des Fêtes à 17 h mardi.

La Grande table offre pour sa part le brunch de Noël, demain, avec un premier service à 11 h et un second à 12 h 30, avec la présence du père Noël et des cadeaux pour les enfants, au 1255, rue Daniel.

De leur côté, les bénévoles des Petits Frères de Sherbrooke rendront aujourd'hui visite à leurs « Vieux amis » et leur apporteront un repas, des cadeaux de Noël, des fleurs et de la chaleur.

Le lendemain, 25 décembre, plus de 130 convives participeront à un banquet de Noël à l'Hôtel Delta, suivi d'une messe et d'animation musicale.

Toutes ces initiatives apportent joie et réconfort, mais ne doivent pas faire oublier que la solitude et le dénuement sont le lot de biens des gens à longueur d'année.

Les Petits Frères de Sherbrooke organisent tout au long de l'année des visites à domicile chez les aînés, servent des repas et organisent des sorties.

La Chaudronnée sert plus de 46 000 repas par année, en moyenne 186 par jour, grâce à des dons de Moisson Estrie, de Costco et de la Fondation Rock-Guertin, et la demande est toujours croissante.

Moisson Estrie a vu ses demandes d'aide alimentaire augmenter de 25 pour cent en 2014-2015 et de 10 pour cent cette année.

Moisson Estrie redistribue également des aliments dans 32 organismes de la région et cinq écoles.

Le phénomène est le même à la grandeur du pays : selon Banques alimentaires Canada, le nombre de demandes d'aide alimentaire a augmenté de 5,4 pour cent au Québec en 2015-2016, soit 100 000 requêtes de plus par mois, pour atteindre un total de 1,8 million de demandes par mois.

Et bien que 61 pour cent de la clientèle des banques alimentaires soit bénéficiaire de l'aide sociale, de plus en plus de ménages avec un revenu doivent avoir recours au dépannage direct pour se nourrir.

Le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais, s'est réjoui il y a quelques jours que le nombre de bénéficiaires de l'aide sociale soit à son plus bas niveau depuis 1976, un phénomène qu'il attribue à l'amélioration du marché de l'emploi. Fort bien.

Ce que le ministre Blais ne dit pas, toutefois, c'est qu'un bénéficiaire de l'aide sociale qui déniche un emploi au salaire minimum de 10,75 $ l'heure est encore un pauvre, même s'il travaille à temps plein.

Et il risque, comme beaucoup de ses semblables, de devoir se rabattre sur les banques alimentaires pour se nourrir convenablement.

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