La bonne nouvelle du Dr Barrette

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Denis Dufresne
La Tribune

(Sherbrooke) ÉDITORIAL / Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette est persuadé qu'il pourra vaincre la résistance des médecins omnipraticiens à l'idée de pratiquer dans les supercliniques, ouvertes 12 heures par jour, 7 jours sur 7, et donner ainsi aux Québécois un meilleur accès aux services de première ligne.

De toute manière, il s'est donné les moyens de le faire puisqu'il mettra fin au financement ministériel des cliniques réseau à compter du 31 mars prochain.

Selon lui, cet « incitatif » devrait favoriser le développement d'un réseau de 50 supercliniques d'ici 2018, dans les centres urbains et semi-urbains.

La Fédération des médecins omnipraticiens du Québec juge toutefois que cette façon de faire risque d'entraîner la fermeture de bon nombre de cliniques, donc une perte de services, ce qui n'a rien de rassurant.

La Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec a quant à elle déjà qualifié les supercliniques de « médicalocentrisme », au détriment des infirmières et, selon elle, de l'efficacité du système.

M. Barrette, visiblement, n'a cure de ces doléances et poursuit son plan de match.

Le ministre était en Estrie hier pour annoncer le projet de superclinique CMU (Clinique des médecins d'urgence) du Groupe de médecine familiale (GMF) Belvédère-Galt, située rue King Est.

Il a rappelé que ces nouvelles entités, qui se veulent un intermédiaire entre les GMF et les urgences des hôpitaux, offriront une plage horaire étendue et auront des services de prélèvements et de radiographies.

Mais comment convaincre les médecins réticents et les mobiliser? M. Barrette dit miser sur le fait que ces professionnels savent qu'ils sont là pour donner des services à la population et comprennent qu'il faut offrir un accès aux soins les soirs et les week-ends.

Là-dessus, on ne peut que lui donner raison puisque, règle générale, il est difficile d'avoir accès à un médecin en dehors des heures régulières de travail, bien que certaines cliniques soient ouvertes les week-ends.

De plus, les Québécois en ont marre de devoir se rendre aux urgences des hôpitaux pour des maux souvent mineurs et d'attendre plusieurs heures.

Malheureusement, la façon d'agir du titulaire de la Santé, unilatérale et sans véritable consultation des professionnels de la santé et des syndicats, ne facilite guère la compréhension pour le public ni l'adhésion de nombreux médecins.

La nouvelle formule suscite néanmoins beaucoup d'espoir au sein de la population et est bien reçue par le Regroupement provincial des comités d'usagers.

La future superclinique de Sherbrooke est la deuxième à être annoncée après celle de Montréal.

D'autres projets devraient être dévoilés au cours des prochains mois, affirme le ministre, notamment dans la région de Québec, où sévirait une vive « concurrence ».

Du reste, une deuxième superclinique est en chantier à l'angle de la rue King Ouest et de l'autoroute 410, à Sherbrooke, et devrait ouvrir ses portes l'an prochain.

Il n'empêche qu'avec seulement deux ou trois projets confirmés depuis l'annonce en avril dernier du plan qui doit mener à la création de 50 supercliniques d'ici 2018, le pari ne paraît pas gagné.

Mais pour le ministre Barrette, « c'est une bonne nouvelle; on voit la transition et elle va continuer ».

Les Québécois ne demandent qu'à le croire, mais aimeraient aussi sentir que tout le monde est dans le coup.

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