Couillard n'a rien sauvé

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Philippe Couillard

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Pierre-Yvon Bégin

Collaborateur aux pages Opinions de La Tribune.

La Tribune

ÉDITORIAL / Vendredi, le gouvernement libéral de Philippe Couillard a mis fin à la session parlementaire par un bâillon. Rien d'exceptionnel à cette mesure, sinon qu'elle traduit une volonté certaine de refermer le couvercle sur une série de déveines. Après un éventuel remaniement en janvier, le premier ministre pourrait ainsi inaugurer une toute nouvelle session l'an prochain.

Le premier ministre estime que son équipe peine à formuler son message. Peut-être, sauf qu'il est ardu de faire valoir des réalisations, si bonnes soient-elles, quand l'improvisation prédomine chaque jour. Encore embryonnaires, les bénéfices d'une réforme de la santé ne pourront se mesurer que beaucoup plus tard. Entre-temps, les patates en poudre et les couches souillées en CHSLD font la manchette. À la Justice, l'engorgement du système et les délais déraisonnables risquent d'entraîner l'acquittement de criminels sans aucun procès. Sans compter les transactions douteuses à la Société immobilière du Québec, dont il n'est nullement responsable.

Philippe Couillard a bien raison de vouloir passer à autre chose et de récolter les fruits de la rigueur. Ce retour à l'équilibre budgétaire a plutôt été mal perçu, la population réalisant que cet effort se traduisait forcément par une réduction des services, malgré les prétentions contraires.

En déclarant que son gouvernement avait « littéralement sauvé le Québec », le premier ministre fait soit preuve de prétention, soit d'un déni de la réalité. Il a plus tard tenté de corriger le tir en précisant « sauvé d'un désastre financier ». Les contribuables ont compris qu'un gouvernement responsable se doit de gérer les finances publiques en bon père de famille, sans refiler les factures d'épicerie à sa progéniture. Les libéraux de Philippe Couillard ont fait des choix politiques en fonction de leur idéologie néolibérale. Ils auraient pu en faire d'autres. Leur piètre performance lors des dernières élections complémentaires leur donne aujourd'hui ample matière à réflexion.

Le Québec n'a jamais eu, n'a pas et n'aura pas besoin d'un « sauveur », tout comme il peut très bien se passer d'un Rambo qui croit que nous sommes au bord d'une « guerre civile ». Il peut ignorer également les autres prétendants qui pensent qu'on peut « changer » le Québec. Mais pourquoi donc changer l'endroit sur le globe où il fait si bon vivre ? L'obsession du changement, comme si rien de bon n'existait auparavant ! Oui, il est toujours possible « d'améliorer » et de « perfectionner » un système. Mais changer ? Est-ce bien nécessaire ?

En début d'année, Philippe Couillard devrait aussi procéder à un remaniement majeur au sein de son cabinet. Il doit notamment trouver une place à Pierre Moreau, qui a recouvré la santé. Il y a aussi le cas du député de Sherbrooke, Luc Fortin, qui aurait des difficultés à conjuguer ses obligations à la Culture avec sa vie familiale.

Peu importe le ministère dont il héritera, Luc Fortin se sentira toujours en porte-à-faux. En politique, on dit souvent qu'il faut y entrer soit très jeune, avant d'avoir des obligations familiales, soit en fin de carrière, lorsque la sécurité financière est assurée et que la famille est élevée. Avec de jeunes enfants, Luc Fortin est visiblement déchiré entre ses ambitions et le temps qu'il veut consacrer à ceux qu'il aime.

Dans le dernier droit avant les élections générales, le gouvernement Couillard devra trouver le moyen de paraître mieux organisé. Il va également devoir démontrer que ses investissements sont judicieux, sans lien avec son régime d'austérité.

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