Victoire sur le terrain

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La Tribune, Yanick Poisson

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Denis Dufresne
La Tribune

(Sherbrooke) ÉDITORIAL / La victoire décisive de la Coalition avenir Québec (CAQ) lors de l'élection partielle de lundi soir dans la circonscription d'Arthabaska envoie probablement un signal d'alarme aux libéraux de Philippe Couillard, qui subissent un recul de leurs appuis, et donne une bouffée d'air frais au chef caquiste François Legault.

Avec 44 pour cent des voix pour Éric Lefebvre, contre 27,5 pour cent pour le libéral Luc Dastous, la CAQ conforte sa position dans cette circonscription qu'elle représente depuis 2012, à l'exception d'un intervalle de 16 mois durant lequel l'ex-députée caquiste Sylvie Roy avait claqué la porte pour siéger comme indépendante, avant de décéder tragiquement en juillet dernier.

La CAQ a visiblement fait un très bon travail de terrain, car les libéraux avaient mis le paquet pour ravir Arthabaska, notamment avec la visite du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, qui avait annoncé l'inscription du projet d'agrandissement de l'urgence de l'Hôtel-Dieu dans les projets à l'étude du Plan québécois des infrastructures, une « garantie » que ce projet de 51 millions $ se réalisera, avait-il dit.

On peut imaginer que les élus et les décideurs de la circonscription en ont pris bonne note.

Parallèlement, la soeur de Sylvie Roy, Nathalie, avait donné son appui au candidat libéral Luc Dastous, une douche froide pour les troupes caquistes.

Pour les libéraux, cette élection, tout comme celles tenues dans les circonscriptions de Marie-Victorin, Saint-Jérôme et Verdun, où le PLQ accuse également un repli (bien qu'il ait conservé Verdun), constitue un test en vue des élections générales d'octobre 2018, particulièrement auprès de l'électorat francophone.

Il y a peut-être là un message de mécontentement après deux ans d'austérité budgétaire et de crises à répétition au PLQ, dont l'arrestation de l'ex-ministre Nathalie Normandeau, accusée de fraude et de trafic d'influence, les allégations de falsifications de documents au ministère des Transports et les circonstances nébuleuses de la vente de RONA.

Le premier ministre Philippe Couillard a beau marteler que son gouvernement a sauvé le Québec avec son plan de redressement des finances publiques, la machine libérale aura fort à faire d'ici le vrai test de 2018.

Des miettes

Les libéraux multiplient ces temps-ci le saupoudrage de fonds gouvernementaux pour l'éducation, la mobilité durable ou l'amélioration des soins dans les CHSLD.

Lundi, le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx, était à Sherbrooke avec son collègue de la Culture et des Communications, Luc Fortin, pour annoncer un investissement de 10 millions $ pour favoriser l'arrimage entre la culture et l'éducation, dont 2,7 millions $ par année pour favoriser la réussite scolaire par les arts et la culture dans les 72 commissions scolaires de la province.

Il s'agit évidemment d'un geste positif, mais qui se traduira malheureusement par des miettes pour les écoles primaires et secondaires.

Malgré l'absence de données sur les enveloppes régionales, il n'est pas difficile de comprendre qu'une aide de 2,7 millions $ par année pour des commissions scolaires qui regroupent bien souvent 30 voire 40 écoles peut représenter au maximum quelques dizaines de milliers de dollars par école, selon leur nombre et leur taille.

Tout au plus, cela donnera un coup de main pour les sorties scolaires.

Le ministre Proulx affirme que les activités culturelles aident les élèves à développer leur ouverture et leur curiosité. Et c'est vrai.

Mais il faudra beaucoup plus de moyens après les coupes budgétaires des dernières années qui ont privé les élèves de services spécialisés (orthophonie, psychologie, ergothérapie), d'aide aux devoirs, de programmes de réussite scolaire et même d'aide alimentaire. À elle seule, la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke a subi des compressions de 12,5 millions $ depuis six ans.

L'éducation, une priorité comme le dit le ministre Proulx? Ça manque de sérieux.

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