Moins de monde, plus de logements

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Denis Dufresne
La Tribune

(Sherbrooke) ÉDFITORIAL / Plusieurs facteurs peuvent expliquer le fort taux d'inoccupation des logements locatifs à Sherbrooke et, qu'on le veuille ou non, la démographie en fait partie alors que la population de 15 à 24 ans, groupe majoritairement locataire, est en décroissance et que moins d'immigrants se sont installés ici en 2015.

Dans son rapport sur le logement locatif pour la région de Sherbrooke, la Société canadienne d'hypothèque et de logement (SCHL) établit le taux d'inoccupation à 6,4 pour cent, le plus élevé en dix ans, une situation qui se compare à Trois-Rivières (6,2 pour cent) et Saguenay (7,1 pour cent), alors que la moyenne québécoise est de 4,4 pour cent.

Cela n'a rien de réjouissant pour les propriétaires qui doivent parfois offrir des mois gratuits et même des cadeaux pour attirer des locataires, alors que leurs frais fixes, notamment les impôts fonciers, augmentent.

Selon la SCHL, du reste, le marché locatif dans la région de Sherbrooke s'est caractérisé dans les 12 derniers mois par une baisse de la demande et une hausse de l'offre.

La construction de nombreux condos et maisons jumelées, combinée à un accès plus facile à la propriété, grâce aux bas taux d'intérêt, y est sans doute pour quelque chose.

Paradoxalement, les données de l'organisme gouvernemental indiquent que le taux d'inoccupation est plus faible dans les arrondissements de Rock Forest-St-Élie-Deauville (3,2 pour cent) et de Fleurimont (5 pour cent) où on retrouve plusieurs projets domiciliaires offrant des maisons jumelées pour les premiers acheteurs et des appartements de style condo.

Le vieillissement de la population fait en sorte que beaucoup de ménages quittent leur maison ou leur logement pour aller vivre en résidence, voire en CHSLD, ce qui peut contribuer à une augmentation du taux d'inoccupation.

D'autre part, les données de l'Institut de la statistique du Québec démontrent que Sherbrooke a attiré 1000 immigrants en 2015, soit 500 de moins que la moyenne des cinq dernières années.

Autre aspect : le déclin de la population étudiante qui, sans être catastrophique, a un certain impact.

Au Cégep de Sherbrooke, par exemple, le nombre d'étudiants inscrits est passé de 6093 à l'automne 2012 à 5810 à l'automne 2016

Et, selon les prévisions du ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de la Science (MESRS), la population étudiante pourrait diminuer à 4926 personnes en 2021, mais augmenterait par la suite.

En revanche, le nombre d'étudiants à temps complet à l'Université de Sherbrooke a augmenté de 2011-2012 à 2015-2016, passant de 17 823 à 19 078.

Le MESRS anticipe toutefois que l'effectif étudiant « en équivalence au temps plein » dans les universités québécoises glissera de 222 701 individus en 2014-2015 à 208 396 en 2023-2024, en raison de la baisse de la population âgée de 20 à 24 ans.

Pour l'Université de Sherbrooke, cela se traduirait par une perte de 1800 étudiants durant cette période, avec un effectif de 16 264 étudiants en 2023-2024.

Dans la région de Sherbrooke, le taux d'inoccupation est en hausse constante depuis 2006, année où il était de seulement 1,2 pour cent.

Rien ne dit que la progression du taux d'inoccupation va continuer dans les années à venir, mais, quoiqu'il arrive, le déclin démographique est un phénomène bien réel encore difficile à combler par l'immigration en région.

Il faudra tout repenser : le type d'habitation que l'on construit, l'étalement urbain, les transports en commun, le logement social, les besoins croissants des aînés et, peut-être, la multiplication des campus satellites.

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