L'influence d'une université sur son milieu

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Vincent Beaucher
La Tribune

(Sherbrooke) Nous apprenions dernièrement que différentes universités du Québec observaient une baisse d'achalandage cette année et que cette tendance était là pour durer quelques années. Dans certaines institutions, il était question d'une décroissance de près de 10 %, ce qui est quand même majeur. Plus qu'une problématique qui concerne chaque université et son administration, il faut se questionner sur les conséquences sociales qu'une telle situation peut avoir.

Localement, l'Université de Sherbrooke est un gros joueur économique avec plus de 6600 employés et ses revenus de près de 575 millions de dollars. Offrant une formation à Sherbrooke, en ligne et via ses différentes installations satellitaires à plus de 40 000 étudiants, son importance est évidente et il est à l'avantage de tous les Sherbrookoises et Sherbrookois que cette institution puisse connaître une croissance à long terme, ou du moins qu'elle ne subisse pas une décroissance à court ou moyen terme.

Cependant, il faut voir que la présence d'une institution de haut savoir a plusieurs impacts autres que purement économiques dans une municipalité comme la nôtre. De fait, plusieurs entreprises et autres acteurs sociaux ont des liens avec l'UdeS, liens qui ne sont pas toujours très visibles. Par exemple, de très nombreux employeurs reçoivent annuellement des stagiaires qui viennent ainsi poursuivre une formation plus pratique en leurs murs, ce qui peut bénéficier autant à l'employeur et ses employés, qu'aux universitaires stagiaires. Du sang neuf, de nouvelles idées, un questionnement sur les processus et un transfert de connaissances de part et d'autre sont autant d'éléments qui amèneront un dynamisme certain dans un environnement de travail.

La recherche est également un facteur de dynamisme qui pourra influer la façon de faire de plusieurs partenaires d'une université. En éducation, une collaboration de longue haleine entre la Faculté d'éducation et la Commission scolaire de la région de Sherbrooke a permis de travailler conjointement sur le décrochage scolaire, une problématique qui devait être attaquée de front et dont les bénéfices sociaux sont salutaires. Plusieurs écoles locales ont également travaillé de concert avec la Faculté des sciences de l'activité physique pour concevoir de nouvelles approches propices à promouvoir de saines habitudes de vie et à augmenter l'activité physique chez nos jeunes. Année après année, ce sont ainsi des dizaines de professeurs, d'équipes de recherche, mais aussi d'étudiants à la maîtrise et au doctorat qui infiltrent une panoplie de milieux, question d'étudier ce qui s'y fait, d'essayer de nouvelles approches et en retour de faire évoluer lesdits milieux, directement ou indirectement.

C'est à tout cela, et à bien d'autres choses, qu'il faut penser quand on apprend que des universités devront jongler avec une baisse d'effectif. L'équation est de fait assez simple : moins d'étudiants signifie moins de subventions, ce qui implique un rayonnement diminué, qu'il soit économique, social, ou culturel. Pour une société comme le Québec, cela impose une réflexion dont les conclusions devraient mener à un renforcement de chacun de nos pôles universitaires, dans un esprit de collaboration plutôt que de compétition. Et cette collaboration, elle doit également émaner de l'ensemble des acteurs locaux qui ont des liens avec une université, ce qui aura pour effet de créer des dynamiques inspirantes et surtout jugées nécessaires au progrès social.

Vincent Beaucher, enseignant en éducation à l'Université de Sherbrooke et à Bishop's

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