Trouver la recette gagnante

ÉDITORIAL / Le bilan mi-figue mi-raisin de la troisième édition de la revue... (Archives, La Tribune)

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Denis Dufresne
La Tribune

(Sherbrooke) ÉDITORIAL / Le bilan mi-figue mi-raisin de la troisième édition de la revue musicale Cow-Boys, de Willie à Dolly et l'annonce que ce spectacle de musique country vivra sa dernière saison en 2017 obligent le producteur Québec Issime, et indirectement Destination Sherbrooke, à dénicher assez rapidement un nouveau produit d'appel estival pour la Place Nikitotek en 2018.

Québec Issime et la Ville ont signé une entente de dix ans en 2015 en vertu de laquelle le producteur rembourse les 900 000 $ investis pour doter la Place Nikitotek d'un toit et doit y présenter un spectacle estival jusqu'en 2023, de sorte que Sherbrooke a en quelque sorte les mains liées, cela dit sans vouloir vexer le producteur.

Trouver une solution de rechange pour une scène extérieure de 1000 sièges n'est pas une mince affaire, d'autant plus qu'en sept ans, trois spectacles différents y ont été présentés, « Omaterra » en 2010-2011, la compagnie Les sept doigts de la main en 2012-2013 et Cow-Boys depuis 2014, parfois avec des résultats mitigés.

Les 27 représentations du spectacle Cow-Boys en 2016 ont attiré moins de spectateurs qu'en 2015, mais davantage que durant la première édition de 2014. Les retombées économiques ont aussi diminué, passant de 1,5 million en 2015 à 1,2 million $ cette année, selon le bilan de Destination Sherbrooke.

Depuis le début, ce spectacle a été remis en question à plusieurs reprises par des élus, en raison principalement d'un taux de fréquentation jugé insuffisant et des 331 000 $ investis chaque année par la Ville, notamment pour la promotion.

Le conseiller Jean-François Rouleau y voit pour sa part rien de moins qu'un gaspillage des fonds publics!

Pourquoi est-ce si difficile d'attirer davantage de spectateurs à la Place Nikitotek et de créer un événement original qui fera parler de lui?

Est-ce que la promotion de Cow-Boys  a été déficiente?

Est-ce que le prix d'entrée est trop élevé pour un spectacle en plein air?

Autre question, est-ce que Cow-Boys se démarque suffisamment, même si la musique country est très populaire au Québec?

D'autres villes de la région ont trouvé leur recette gagnante : Drummondville avec le Mondial des cultures et Coaticook avec le parcours Foresta Lumina, par exemple.

À Trois-Rivières, le Cirque du Soleil a offert 22 représentations du spectacle hommage à Robert Charlebois, Tout écartillé, qui a attiré 58 000 visiteurs avec un taux de fréquentation de 85 pour cent à l'amphithéâtre Cogeco, une salle de 3500 places.

On y a aussi présenté Céline Dion deux soirs de suite, avec 16 000 spectateurs.

Il est évident qu'il est très difficile de concurrencer Céline Dion ou le Cirque du Soleil.

De plus, les spectateurs ont des budgets limités et doivent faire des choix.

Le droit d'entrée pour Cow-Boys est de 58 $ (72 $ avec les taxes et frais de service).

En comparaison il faut débourser 14,79 $ pour le parcours Foresta Lumina, à Coaticook. Le Mondial des cultures de Drummondville demande 20 $ pour une journée ou 35 $ pour un droit d'entrée valide pour les 10 jours de l'événement.

Le coût des billets pour Tout écartillé à Trois-Rivières allait de 49 $ à 74 $ (avant taxes et frais de service), un tarif comparable à celui de Cow-Boys.

Il faut donc miser sur l'originalité et l'audace, ce qui est plus facile à dire qu'à faire.

Le spectacle Cow-Boys est rentable, mais en deçà des attentes.

Québec Issime a donc la responsabilité de se renouveler et de répondre à une question lancinante : quelle sera la recette gagnante pour Place Nikitotek à compter de 2018?

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