Lettre au premier ministre Couillard

Nous sommes plus de 70 femmes québécoises de diverses origines, de diverses... (La Presse, Robert Skinner)

Agrandir

La Presse, Robert Skinner

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Point de vue
La Tribune

Nous sommes plus de 70 femmes québécoises de diverses origines, de diverses religions et de diverses générations. Nous étions réunies les 12 et 13 novembre derniers dans un dialogue interculturel sur la condition des femmes et les féminismes du Québec aujourd'hui. Une des pistes issues de ce dialogue est de renforcer notre solidarité avec nos soeurs autochtones. L'occasion nous en est malheureusement donnée très rapidement puisqu'elles viennent de recevoir des décisions qui, encore une fois, les relèguent au rang de « sous-citoyennes ».

Le rejet par la Couronne de leurs plaintes d'agressions sexuelles et d'abus de pouvoir ainsi que le fait que 28 policiers actuellement en service à la Sûreté du Québec (SQ) ressortent blanchis alors que seuls deux policiers retraités sont l'objet d'accusations, démontre une fois encore combien les communautés autochtones sont victimes de discrimination et de violences réelles et symboliques. Il a fallu beaucoup de force et de courage à ces femmes pour dénoncer les abus dont elles sont sans cesse l'objet. Une fois encore, leur parole a été rejetée et leur dignité bafouée. Une fois encore, elles sont humiliées, maltraitées, culpabilisées, apeurées et écrasées.

En tant que femmes du Québec, nous sommes, avec elles, tristes et en colère, mais, avec elles aussi, nous ne perdons pas espoir et nous ne nous décourageons pas. Nous, femmes du Québec, nous dénonçons, avec elles, le sort qui est fait à nos soeurs des Premières Nations, nous nous élevons contre les violences, abus de pouvoir et injustices dont elles sont victimes avec leurs communautés et nous les assurons de notre solidarité et de notre présence pour lutter à leurs côtés.

Nous, femmes du Québec, nous vous demandons, Monsieur le premier ministre, ainsi que Mesdames et Messieurs, membres du gouvernement du Québec, de reconnaître le racisme et les injustices dont sont victimes les femmes et les hommes autochtones du Québec ainsi que de mettre en oeuvre au plus vite une enquête indépendante à Val-D'Or et au Québec. En effet, les décisions rendues montrent à nouveau qu'il est inacceptable que ce soit la police qui enquête sur la police. La réparation et le changement ne peuvent passer que par la reconnaissance des abus. Parler d'assurer un meilleur climat entre la police et les communautés autochtones sans reconnaître les violences et le racisme dont les Autochtones du Québec sont victimes ne fait que renforcer les injustices, la stigmatisation, l'impuissance et la rage. Alors Mesdames et Messieurs du gouvernement du Québec, il vous faut cesser de tergiverser et d'utiliser la langue de bois politique, passez aux actes et vite!

Michèle Vatz-Laaroussi,

professeure titulaire à l'École de travail social de l'Université de Sherbrooke

Au nom du groupe Femmes immigrantes, femmes autochtones et femmes québécoises : les féminismes en dialogue

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer