Renfort aux CHSLD

Les CHSLD du Québec, ces centres hospitaliers de soins de longue durée comme le... (Archives La Presse)

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Pierre-Yvon Bégin

Collaborateur aux pages Opinions de La Tribune.

La Tribune

Les CHSLD du Québec, ces centres hospitaliers de soins de longue durée comme le pavillon Saint-Joseph à Sherbrooke, se partageront 65 M$. Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a annoncé vendredi qu'il mettait cette somme à leur disposition uniquement afin d'engager 1150 employés, infirmières, infirmières auxiliaires ou préposés aux bénéficiaires.

Après deux ans d'austérité budgétaire, les gestionnaires de ces établissements de santé, poussent un soupir de soulagement. « C'est un pas dans la bonne direction », commente pour sa part Jean Lacharité, vice-président de la CSN. Dévoué, le personnel de ces établissements a réussi à tenir le coup malgré la politique de rigueur budgétaire du gouvernement libéral de Philippe Couillard. Il était plus que temps de venir lui prêter main-forte.

Ces derniers temps, des histoires d'horreur dans nos établissements publics de soins de longue durée ont été dévoilées. À la suite d'un décès, La Presse+ rapportait récemment qu'une infirmière avait la charge de 175 patients dans un CHSLD de la région de Québec en septembre 2015. Même si la mort du patient n'était visiblement pas attribuable à une faute professionnelle, à sa face même il appert que prendre soin de 175 patients, même la nuit, est humainement irréaliste.

Le ministre Barrette a promis de corriger la situation en se penchant prochainement sur les ratios entre infirmières et patients. Il laisse d'ailleurs à la direction de chaque établissement le soin de déterminer, en fonction de ses besoins particuliers, le choix des futurs employés, infirmière, infirmière auxiliaire ou préposés. Le ministre spécifie que les 65 M$ supplémentaires devront servir uniquement à l'embauche de personnel, ce qui devrait se traduire par une amélioration des soins.

Les médias ont aussi fait état de services alimentaires contraints de servir des patates en poudre afin de respecter leur famélique budget. Et que dire des couches d'incontinence changées uniquement lorsqu'elles sont pleines! Ou encore des bains, une fois par semaine. Ces exemples sont tout simplement indignes d'une société qui s'est donné pour objectif de prendre soin des personnes les plus vulnérables. Considérons également que 3000 aînés sont toujours en attente d'une place en centre d'hébergement.

Le ministre Barrette serait par ailleurs sur le point de revoir les normes de surveillance dans les résidences privées pour personnes âgées. À la suite de l'incendie meurtrier de L'Isle-Verte, le coroner Cyrille Delâge recommandait de rehausser ces normes. La Presse+ révélait la semaine dernière que ces normes seraient au contraire assouplies. Québec veut notamment permettre à des bénévoles ou à des résidants d'y jouer des rôles de surveillants, le jour comme la nuit. L'obligation de doter toutes ces résidences de gicleurs ne sera suffisante à elle seule pour éviter la répétition du drame de L'Isle-Verte, où 32 personnes ont perdu la vie en janvier 2014.

Le ministre Gaétan Barrette a beau jeu depuis qu'il a aboli le poste de Commissaire à la santé et au bien-être. Il n'y a plus personne pour remettre en question ses choix politiques et vérifier comment sont traités les bénéficiaires. C'est dire qu'il faut maintenant s'en remettre au dévouement du personnel et à la vigilance des familles pour prévenir et dénoncer les abus commis à l'endroit des gens les plus fragiles de notre société. Une chose est certaine : investir en santé constitue une nécessité qui devrait échapper à l'austérité budgétaire. Le faire à l'approche d'une campagne électorale après avoir étranglé le réseau donne la nausée.

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