Legault se compare à Trump

Le chef de la CAQ François Legault... (Archives La Tribune, Maxime Picard)

Agrandir

Le chef de la CAQ François Legault

Archives La Tribune, Maxime Picard

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Pierre-Yvon Bégin

Collaborateur aux pages Opinions de La Tribune.

La Tribune

ÉDITORIAL / La Coalition avenir Québec (CAQ) a profité de son congrès national en fin de semaine à Drummondville pour clarifier sa position. Dans l'espoir de se démarquer, le parti se définit maintenant comme une formation nationaliste à l'intérieur du Canada. Le chef, François Legault, accepte même les associations avec le futur président des États-Unis, Donald Trump.

Les militants ont adopté la nouvelle étiquette de la CAQ « dont l'objectif premier est d'assurer le développement et la prospérité de la nation québécoise à l'intérieur du Canada, tout en défendant avec fierté son autonomie, sa langue, ses valeurs et sa culture ». La formation politique essaie visiblement de trouver l'identité qui lui permettra de se distinguer et de sortir du carcan politique à deux partis.

La nouvelle définition est inscrite dans « l'article 1 » de la CAQ. Ce n'est évidemment pas la meilleure façon de marquer son originalité en adoptant une formule consacrée par le Parti québécois. Quant au Parti libéral du Québec, il pourrait tout aussi bien revendiquer cette caractéristique.

La direction de la CAQ semble faire le pari que ce nationalisme séduira tant les péquistes que les libéraux déçus. S'il est difficile de mesurer l'impact de cette position sur l'électorat, disons qu'elle a le mérite à tout le moins d'être plus rassembleuse que la précédente. Refuser d'aborder la question nationale pendant dix ans, sous prétexte que les Québécois en ont marre, représentait une esquive maladroite.

En réalité, le succès de la nouvelle définition de la CAQ reposera davantage sur la capacité de l'illustrer et de l'incarner. Samedi, le chef François Legault se disait à l'aise avec la comparaison à Donald Trump, considérant qu'il est aussi quelqu'un « proche du peuple ».

Le chef caquiste précise que, s'il n'aime pas le style Trump, il partage plusieurs préoccupations. Parmi les leçons à tirer de l'élection américaine, François Legault retient que Trump s'est préoccupé de la classe moyenne, étranglée par les impôts. Le républicain, note-t-il également, a bien saisi l'inquiétude face au terrorisme et à l'intégration des immigrants.

Les comparaisons sont toujours boiteuses et François Legault devrait prendre note qu'un monde sépare les sociétés québécoise et américaine. Importer des modèles n'est pas toujours gage de succès, à preuve la récente déconfiture du géant Target au Canada.

François Legault force un peu la note. Tout comme Trump, dit-il, il possède un talent manifeste pour signer des « deals ». Il croit ainsi qu'il aurait négocié un meilleur accord avec Bombardier. Peut-être. Reste que le chef caquiste devrait se garder une petite gêne en acceptant les analogies avec Donald Trump.

Si Legault endosse volontiers la veste de l'homme d'affaires qui a réussi tout en demeurant près des gens, il devrait au contraire chercher à se distancer de Trump. Ce magnat, devrait-il se souvenir, se fait une gloire de n'avoir jamais payé d'impôt. Le futur président, qui a fait faillite plusieurs fois, jouait dur avec ses fournisseurs et employés. Rien à voir avec les valeurs d'entraide et de solidarité des Québécois.

S'il ne réalisait que le dixième de ses promesses, dont celle de déchirer l'ALENA, Trump a la capacité de pousser le Québec dans une profonde récession. Avec circonspection, le monde retient aujourd'hui son souffle, espérant que le monstre demeurera gentil. Illusion! Devenu président de la première puissance mondiale, le personnage narcissique que certains décrivent ne va pas sagement rentrer dans son trou. Attachez vos tuques!

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer