Le rôle des enseignants au Cégep

M. Anthony Gaillard (Archives, La Tribune)

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La Tribune

M. Anthony Gaillard

Je n'ai que 400 mots pour vous répondre, monsieur Anthony Gaillard. Et je le fais à titre de l'une des enseignantes ayant organisé et tenu la soirée électorale que vous décriez dans votre lettre d'opinion parue jeudi dans La Tribune («Est-ce le rôle des enseignants du Cégep?»). Soirée à laquelle, il semble, vous n'avez pas participé. Votre avis se fonde sur la lecture du compte-rendu de la journaliste Mélanie Noël, compte-rendu à l'intérieur duquel, même en cherchant bien fort, je ne vois pas comment vous avez pu déceler qu'il y ait eu la transformation d'une « retransmission de soirée électorale en une tribune politique ».

Si vous y aviez participé, vous auriez vu une salle dans laquelle se trouvait une soixantaine de personnes -des étudiantEs, des enseignantEs et des citoyenNes- qui ne souhaitaient pas être seulEs pour vivre cette soirée, un écran sur lequel étaient rediffusés les résultats et une alternance d'interventions pédagogiques qui se voulaient éclairantes et explicatives. Les contenus présentés allant des candidats, aux enjeux, à l'explication du système électoral américain. Des informations permettant aux personnes présentes de mieux saisir ce qui s'était passé, ce qui se jouait sous leurs yeux et ce qui allait peut-être se déployer à l'avenir.

Rien ne m'obligeait à coorganiser cet événement. Mais, voyez-vous, je considère que mon rôle d'enseignante déborde parfois de la classe, qu'il n'a pas à s'y confiner et que des événements comme une soirée électorale américaine font partie de la formation des citoyenNEs que j'ai devant moi, à longueur de semaine, et que si je peux contribuer à ce qu'ils ne restent pas coincéEs avec des questions, des malaises, je vais préférer faire ce qu'il faut pour participer à leur épanouissement intellectuel. Sur mon temps. Et parce que, bien sincèrement, ça me fait plaisir.

L'extrait choisi du film Le Dictateur (...) est un appel à la solidarité, à la bienveillance entre les individus. Des mots nécessaires à la suite de la violence bien réelle des derniers mois. Rien là qui endoctrine qui que ce soit.

Alors je crois que oui, vous êtes le seul à être scandalisé par une soirée à laquelle vous n'avez pas participé, je le rappelle. Il y avait plutôt de quoi se réjouir: des étudiantEs avec un souci politique, une institution qui offre un espace pour comprendre un moment historique et des enseignantEs engagéEs auprès de leur communauté.

Véronique Grenier, enseignante de philo

et co-organisatrice de la soirée

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