Contre le libre-échange avec l'UE

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La Tribune

Je n'en reviens tout simplement pas de voir un de nos représentants politiques québécois saliver et se frotter les mains en nous annonçant que les Européens vont raffoler de notre porc.

Je ne vois aucunement comment l'amour pour le porc du Québec va me servir et améliorer mon sort et celui de mes voisins.

À moins de réussir à intéresser Christian Dior à l'odeur du purin pour une nouvelle fragrance!

Il y a aussi, probablement, les chasseurs de truffes qui aimeraient qu'on épande du lisier sur toute l'Europe pour améliorer la saveur et l'arôme de ce champignon.

En gros, je crois que l'on va offrir que le porc aux Européens et que nous resterons pris avec les résidus de production.

Ce que je comprends de tous ces projets d'expansion des marchés c'est que plus il y a de l'argent à faire dans une industrie, moins le citoyen est gagnant.

Plus la production de porc va augmenter, moins les prix à la consommation vont être bons pour nous.

« Si tu ne veux pas de mon porc à ce prix là, les Européens vont le prendre! » avec un Euro avantageux pour eux. N'est-ce pas ce qui arrive avec le marché immobilier dans l'Ouest du pays?

Je ne consomme pas de fromages étrangers, je ne consomme même pas de produits de Anco ou de Saputo, c'est ma réponse à leurs utilisations de protéines de lait achetées aux États-Unis.

La richesse se fait rare au Québec et le dumping des fromages européens va faire très mal à nos producteurs.

Toute les connaissances et les expériences acquises au fil des ans par nos fromagers pour développer des produits comme le Comtomme, le Riopelle de l'Isle, le Louis D'Or et le Bleu d'Élisabeth, vont devoir s'aligner dans les comptoirs avec des fromages de production industrielle, fabriqués selon des normes d'usine.

Vous allez voir qu'il va falloir plus qu'un « personnage mélangé et sympathique » pour convaincre les pauvres d'acheter des fromages de chez nous.

Mais de quoi je me mêle au fond? Je ne comprends probablement rien à l'économie, comme le croit mon gouvernement.

Je réfléchirai donc sur ce sujet en humant cette bonne odeur de lisier de porc et en regardant nos rivières se dégrader au profit d'une poignée d'individus qui vont proportionnellement payer moins d'impôt à mesure qu'ils feront plus d'argent dans l'économie mondiale.

Normand Métivier, Sherbrooke

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