Comment Eleanor Roosevelt a inspiré Hillary Clinton

ANALYSE / Au cours d'une longue carrière privée et publique remontant à 1970,... (Associated Press)

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Gilles Vandal
La Tribune

(Sherbrooke) ANALYSE / Au cours d'une longue carrière privée et publique remontant à 1970, Hillary Clinton a soutenu des causes politiques et sociales aussi diverses que l'éducation des jeunes, les droits civils, la défense des enfants, en plus d'être une féministe engagée dans la défense des droits des femmes aux États-Unis et partout dans le monde. Par ailleurs, elle a rempli des fonctions aussi diverses que première dame d'Arkansas, première dame des États-Unis, sénatrice et secrétaire d'État.

Plus que toute autre femme américaine, Hillary Clinton a brisé le plafond de verre. Aussi, elle est déjà la femme américaine la plus importante du début du 21e siècle. Son élection à la présidence ne viendrait que couronner une carrière déjà prestigieuse. Toutefois, Clinton est la première à affirmer que le principal mérite ne lui revient pas. Durant toute sa carrière, elle a trouvé une source constante d'inspiration en Eleanor Roosevelt.

Née en 1884, Eleanor Roosevelt fut la femme américaine la plus importante du 20e siècle. Comme militante progressiste, journaliste, première dame ou ambassadrice des États-Unis à l'ONU, elle a soutenu inconditionnellement une variété de réformes libérales.

Durant les années 1920, Mme Roosevelt se démarqua comme une féministe engagée. Devenue première dame, elle refusa d'abandonner son rôle de journaliste et de militante libérale. Son premier acte public après l'inauguration de son mari comme président consista à visiter un bidonville de Washington. Ce geste a conduit l'administration Roosevelt à lancer une campagne de logement public.

Pendant 40 ans, Eleanor Roosevelt représenta ainsi une puissante voix contre les inégalités économiques, l'injustice sociale et la discrimination raciale ou sexuelle. Elle n'hésita pas à redéfinir le rôle de la première dame des États-Unis en se positionnant ouvertement comme une championne déterminée du mouvement de réformes. Son militantisme était tel qu'elle fut placée sous surveillance étroite par le FBI comme une sympathisante communiste.

Face à la montée de nazisme, Mme Roosevelt soutint inconditionnellement son mari pour une réponse militaire énergique. Elle poursuivit ensuite son action durant la guerre comme responsable de la croix rouge américaine où elle oeuvra tranquillement entre autres à protéger les réfugiés juifs.

Néanmoins, sa réalisation la plus importante survint après la mort de son mari. Devenue représentante des États-Unis à l'ONU, elle parraina la rédaction et l'adoption de la charte universelle des droits de l'homme. Cette contribution fut telle que le président Harry Truman lui décerna le titre de « mère de l'humanité ».

Que ce soit comme militante féministe, de gauche ou des droits civils, Hillary Clinton s'est inspirée d'Eleanor Roosevelt dès le début de sa carrière. Comme Roosevelt, Clinton est devenue une puissante voix derrière la mise en place de politiques progressistes. Roosevelt l'a inspirée dans son engagement politique : conditions des travailleurs pauvres, protection des enfants, égalité de traitement pour les femmes, amélioration des conditions de détention des prisonniers, etc.

Hillary Clinton a adopté Eleanor Roosevelt comme modèle et héroïne personnelle. D'ailleurs, une photo encadrée de cette dernière se trouve toujours sur son bureau. De plus, elle a repris la devise d'Eleanor Roosevelt pour affronter les difficultés. Comparant la femme à un sachet de thé, cette dernière affirmait : « Vous ne savez jamais à quel point elle est forte jusqu'à ce qu'elle soit dans l'eau chaude. »

Comme Roosevelt, Clinton fut confrontée aux infidélités de son mari. À l'instar de Roosevelt, Clinton a accepté de subir une grande humiliation personnelle et de reconquérir discrètement sa dignité. Subissant un stress extrême à la suite de l'échec humiliant de la réforme de santé en 1994 qu'elle avait parrainée, Hillary Clinton eut recours à Eleanor Roosevelt comme soutien émotionnel. Confuse et incertaine de son rôle, Hillary tint alors des sessions imaginaires où elle échangeait avec son amie Eleanor sur la meilleure façon de composer avec la situation.

Avant Hillary Clinton, Eleanor Roosevelt fut confrontée à une haine persistante et profonde des groupes conservateurs. Comme Roosevelt, Clinton possède une personnalité polarisante. Refusant de se limiter à un rôle traditionnel, elles ont toutes deux été louangées comme héroïnes par certains et fortement vilipendées par d'autres.

En septembre 1940, un journaliste demandait à Eleanor si elle avait l'intention de se porter candidate au poste de sénateur et si elle pensait qu'une femme pourrait bientôt devenir présidente des États-Unis.

À la première question, elle répondit sans équivoque qu'elle n'avait pas l'intention de briguer de postes officiels. À la deuxième, elle ajouta que cela pourrait prendre beaucoup de temps avant qu'une femme puisse être désignée comme candidate, parce que les femmes n'étaient pas encore véritablement perçues comme des personnes.

Soixante-seize ans plus tard, Hillary Clinton a répondu positivement à cette question en étant désignée comme candidate pour le parti démocrate. Le vote de mardi va nous dire si la population est aussi disposée à répondre positivement à cette question.

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