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Après plus de 40 ans de féminisme, le combat des femmes pour l'égalité n'est... (Photothèque Le Soleil)

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Denis Dufresne
La Tribune

(Sherbrooke) Après plus de 40 ans de féminisme, le combat des femmes pour l'égalité n'est toujours pas gagné, particulièrement dans le monde politique où, malgré l'accession de plusieurs d'entre elles à des postes de pouvoir, la parité entre homme et femme est loin d'être atteinte.

Le nombre de femmes élues à l'Assemblée nationale du Québec a certes progressé depuis le milieu des années 1970, mais elles forment encore aujourd'hui moins d'un tiers de la députation, avec 34 députées ou 27 pour cent des élus.

Dans le monde municipal, 32 pour cent des élus sont des femmes et on ne compte que 17 pour cent de mairesses dans la province.

La situation est encore pire dans les conseils d'administration des grandes entreprises où on ne retrouve que 23 pour cent de femmes dans la catégorie des services et seulement 7 pour cent dans le secteur industriel.

Seuls les CA des sociétés d'État font bonne figure avec une proportion de 52 pour cent de femmes.

En politique provinciale comme ailleurs, le plafond de verre existe encore.

Entrée en politique provinciale en 2002, la vice-première ministre Lise Thériault en connaît un bail sur la lutte des femmes pour faire leur place, bien qu'elle refuse l'étiquette de féministe et préfère celui d'« égalitaire ».

« Je me suis déjà fait dire ''on sait bien, toi tu es là parce qu'il y a un quota'', parce que ça prenait un nombre ''X'' de femmes », illustre-t-elle.

« Je m'excuse, mais je ne suis pas un quota! J'ai mes compétences, mes qualités, mon expérience et il y a plein de femmes comme ça; on est 8,8 millions au Québec et il y a plus de 51 pour cent de femmes, des femmes compétentes il y en a en masse, il faut juste les trouver et surtout les convaincre de faire de la politique (...) », ajoute la vice-première ministre et ministre de la Condition féminine.

« Ce n'est pas évident non plus parce que la profession de politicien a été assez malmenée, par contre c'est vraiment là qu'on est capable de faire changer les choses », souligne Mme Thériault, qui prenait part il y a quelques jours à une rencontre éditoriale à La Tribune.

À cela s'ajoutent les préjugés machistes tenaces et des comportements souvent déplacés envers les femmes, le harcèlement sexuel et la culture du silence, comme le démontrent le récent cas d'intrusion et d'agressions sexuelles à l'Université Laval et les allégations d'agression sexuelle à l'endroit d'une jeune femme de Québec, qui pourraient impliquer le député libéral Gerry Sklavounos.

Cela dit, la cause des femmes a beaucoup progressé depuis les années 1970.

Au Québec, malgré les embûches encore présentes, de nombreuses femmes sont à des postes décisionnels, que l'on pense à Monique Leroux, ex-PDG du Mouvement Desjardins, Régine Laurent, présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec, Michèle Audette, porte-voix des femmes autochtones, Pauline Marois, ex-première ministre ou Luce Samoisette, rectrice de l'Université de Sherbrooke.

Toutefois, on a beau dire que les temps changent, cela ne se traduit pas encore par l'égalité de sexes dans les postes décisionnels ni ailleurs.

Le combat des femmes n'est pas terminé et s'annonce encore long.

Pire, selon le rapport annuel du Forum économique mondial, publié hier, la parité homme femme est même en recul depuis 2008 dans 68 pays sur les 144 recensés, qu'il s'agisse du niveau d'instruction, des salaires, des opportunités économiques et de l'émancipation politique.

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