La maison est en ordre, mais à quel prix?

Après deux ans de compressions budgétaires qui ont mis à mal les réseaux de la... (La Presse archives, Alain Roberge)

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Denis Dufresne
La Tribune

(Sherbrooke) Après deux ans de compressions budgétaires qui ont mis à mal les réseaux de la santé et de l'éducation, le gouvernement Couillard annonce une embellie avec des réinvestissements dans ces secteurs névralgiques et, en prime, l'abolition de la taxe santé à compter de 2017, un an plus tôt que prévu, ainsi que de possibles baisses d'impôts en 2017-2018.

Visiblement, il met la table en vue des élections de 2018.

Lors de la mise à jour économique qu'il a présentée mardi, le ministre des Finances, Carlos Leitao, a annoncé un important surplus pour l'exercice financier 2015-2016 qui permettra de réduire la dette et d'investir 2,2 milliards $ sur trois ans en santé, éducation, soutien au développement économique des régions et rajeunissement des infrastructures.

Cette bouffée d'oxygène est due principalement à une baisse des dépenses et à une augmentation des revenus et grâce à la « bonne tenue de l'économie », comme l'a dit M. Leitao, mais aussi aux hausses des taxes, des impôts et des tarifs depuis 2014, qui ont permis d'aller chercher des milliards $ dans les poches des contribuables.

Les réinvestissements en santé et en éducation constituent certes une bonne nouvelle, mais la population verra-t-elle vraiment une amélioration des services dans les CHSLD, les hôpitaux et les écoles?

De surcroît lorsque l'on sait que les crédits additionnels en santé (100 millions $ de plus cette année et 300 millions $ par année à partir de l'an prochain) et en éducation (35 millions $ de plus cette année et 110 millions $ additionnels en 2017-2018) seront encore sous la moyenne des augmentations annuelles entre 2003 et 2014.

Quoi qu'en dise le gouvernement Couillard, deux années de rigueur budgétaire ont eu un impact négatif sur la qualité et la disponibilité des services, alors que les faibles hausses accordées en 2014-2015 et 2015-2016 en santé et en éducation ont été inférieures à la croissance naturelle des coûts du système.

Il était donc plus que temps d'amorcer un rattrapage.

Il est vrai que le gouvernement Couillard devait agir devant l'impasse budgétaire qui se dessinait en 2014 et redresser la situation financière du Québec.

Mais il y est allé de façon plutôt drastique avec des choix budgétaires et administratifs qui se sont faits en grande partie sur le dos des plus vulnérables.

En septembre dernier, la Protectrice du citoyen, Raymonde Saint-Germain, avait d'ailleurs estimé que les administrations avaient beaucoup moins souffert que les services offerts à la population et constaté un « effritement » des services en santé et services sociaux, de même qu'en éducation et dans le domaine de la justice.

Il faut tout de même se réjouir que l'éducation et la santé reviennent en tête des priorités du gouvernement.

Ce n'est pas le Pérou, mais l'annonce de revenus additionnels récurrents pour augmenter l'offre de soins à domicile, améliorer les soins en CHSLD et les soins spécialisés répond au moins en partie aux revendications des syndicats, des regroupements pour la défense des personnes malades et des groupes communautaires.

Il en va de même en éducation, où l'argent additionnel sera utilisé notamment pour améliorer la réussite scolaire des élèves du primaire et du secondaire, bien que l'on ignore si cela va permettre l'embauche de professionnels additionnels pour le soutien aux élèves en difficulté d'apprentissage.

Le ministre Leitao a aussi fait miroiter des baisses d'impôts à compter de 2017.

Les contribuables sont certes pris à la gorge, mais est-ce réaliste alors que d'autres réinvestissements seront nécessaires dans les services publics et que la croissance économique sera encore au ralenti l'an prochain?

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