Un discours d'«entreprise» à la STS

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En 2016, le discours de la STS dans sa Révision du Plan stratégique 2016-2022 en est encore un « d'entreprise », et cette fois, affirmé et proclamé « au-delà » des autres impératifs de sa mission : « la STS doit être gérée de la même manière que si elle était une entreprise privée », étant une « entreprise commerciale ». Elle ne s'identifie comme « transport public » que lorsqu'elle se réfère à la Ville, sur un terrain politique de gouvernance.

Si de bons principes sont émis, comme de lutter contre les GES, ainsi qu'une auto-évaluation critique sur les réalisations en cours, dont le RUTASM pourrait toutefois émettre des commentaires sur le sens donné au mot « accessibilité » du service et celui de « partenaire » attribué au client/usager, nous pouvons dire qu'il en ressort surtout une recherche constante d'une gestion visant la performance et centrée sur l'innovation et une atteinte d'une mobilité « intelligente », basée sur les technologies nouvelles (STI), pour attirer de nouvelles clientèles, augmenter l'achalandage et les revenus. Et la clientèle priorisée, qu'on veut aller chercher, demeure surtout les personnes de moins de 25 ans utilisant des technologies numériques, son « marketing stratégique ». On ne veut plus parler de « déplacements », mais d'expériences « conviviales et connectées »!

On veut abandonner les vielles pratiques et aller vers des innovations. Le confort de l'usager se retrouve dans l'information en temps réel, avec supports numériques multiples. La gestion sera plus fiable avec les technologies diversifiées, les données pourront être exploitées, partagées avec des partenaires, pour l'intermodalité, et les modes doux, tels le covoiturage, les taxibus sur demande, etc. La réussite est dans les partenariats, l'interopérabilité des systèmes, les innovations, les tableaux pour évaluer les performances.

Que devient la mobilité «durable»?

Dans le Plan stratégique de la STS 2013-2022, et sa Révision 2016-2022, la mobilité durable y a perdu la référence à un troisième élément cimentant l'économie et l'environnement : le social. Le social fait référence aux citoyens et citoyennes qui peuplent une ville, un village, une agglomération.

Dans l'étude « Impacts sociaux du transport en commun - 2013 », également commandée par l'ATUQ, il est intéressant de considérer l'enjeu « social » du développement durable. On y lit que le transport en commun « vise des objectifs économiques, environnementaux et sociétaux dont l'essence même est le bien-être de tous (des générations futures comprises) par le maintien de l'intégrité environnementale, l'efficience économique et l'équité sociale. » On y décrit bien cet aspect « social » d'une communauté où intervient le transport en commun, et où une mauvaise desserte du service peut avoir un impact négatif sur la population, surtout sur les plus vulnérables. Il y est fait référence en détail aux dimensions qui constituent le bien commun public et qui nous concernent tous, à savoir la santé, la sécurité des rues, l'accès pour tous aux biens de consommation et en toute équité, l'autonomie à la participation active à la vie économique et sociale, la cohésion sociale pour un sentiment d'appartenance pour tous et les retombées économiques.

Les demandes actuelles pour une tarification sociale, à Sherbrooke et dans plusieurs municipalités, sont reliées à l'aspect « d'équité » du développement durable, tel qu'il est question dans la dernière étude citée.

Nous disons, comme certains parlent de la planète, « une cité sera plus humaine, ou ne sera pas ». Ne rechercher que les moyens de faire plus de revenus, des profits ou des surplus, de vouloir tout régler par l'économie, la performance technologique et son développement en croissance continue, en oubliant l'humain, les gens plus vulnérables, c'est détruire la cohésion sociale et aggraver les inégalités sociales.

Nous espérons que la STS et la Ville entendent notre message d'usagers et usagères du transport collectif municipal, régulier et adapté et rajoutent, dans leurs stratégies, des préoccupations pour plus de service pour les personnes âgées, handicapées et en périphérie, avec les adaptations nécessaires, architecturales et modales, et par une tarification équitable pour tous.

Raymond Duquette, président du RUTASM

Réjean Rouleau, vice-président

France Croteau, coordonnatrice

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