Surréaliste

Donald Trump... (Archives Associated Press)

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Donald Trump

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ÉDITORIAL / Comment se fait-il que Donald Trump soit encore dans la course à moins d'un mois de l'élection présidentielle?

Cette question hante bien des Québécois qui suivent la campagne américaine et qui ont écouté le deuxième débat dimanche soir.

Après avoir perdu clairement le premier débat, Donald Trump devait rebondir dans ce deuxième exercice de séduction auprès des Américains. Surtout que les médias venaient de dévoiler des propos grossiers et dégradants qu'il a tenus en 2005 au sujet des femmes. Ces propos ont été décriés au sein de sa propre formation et ont même incité plusieurs personnalités en vue du camp républicain, dont Paul Ryan, à retirer leur appui au candidat.

Dans ce contexte explosif, Donald Trump est entré en scène comme un lion qu'on vient de laisser sortir d'une cage. Il a multiplié les coups vicieux. Tout comme il avait fait dans les heures précédant le débat, il a attaqué le conjoint de Mme Clinton pour son comportement passé avec les femmes. Encore une fois, il a choisi l'attaque pour faire diversion.

Il cherchait toutes les occasions de traiter Mme Clinton de menteuse et d'attaquer son manque de jugement dans différents dossiers. Il a même promis, une fois élu, de nommer un procureur spécial pour enquêter sur Mme Clinton en vue de la mettre en prison. Il remet en question l'intégrité de son adversaire. C'était laid.

M. Trump était pourtant celui qui montrait le plus clairement un manque de jugement dimanche soir.

Encore une fois, du moins de notre point de vue, seule Mme Clinton a démontré les capacités de servir son pays adéquatement, en tenant compte des besoins de la population, de la réalité économique et de la situation mondiale.

M. Trump contenait difficilement son agressivité au point de reprocher aux modérateurs, à un certain moment, de mal faire leur travail. Cette combativité a sûrement plu à sa base électorale, mais il faut espérer qu'une majorité d'Américains garderont un goût amer de leur soirée au petit écran.

Selon un sondage CNN-ORC, 57 pour cent des personnes ayant regardé le débat ont donné la victoire à Mme Clinton alors que 34 pour cent ont estimé que M. Trump avait remporté l'affrontement.

Il est fort probable qu'une majorité d'Américaines n'ont pas apprécié le comportement du candidat républicain au débat et qu'elles sont encore choquées par les propos dégradants qu'il a prononcés en 2005 lors d'une conversation avec un animateur de télévision.

Samedi dernier, dans nos pages, le spécialiste de la politique américaine et professeur retraité de l'Université de Sherbrooke Gilles Vandal a expliqué l'importance du vote des femmes dans le choix du président. En 2012, les femmes ont composé 53 pour cent de l'électorat américain, ce qui fait en sorte qu'elles ont déposé 10 millions de bulletins de vote de plus que les hommes.

En outre, les femmes ont plus tendance que les hommes à voter démocrate. Depuis 1992, le vote féminin a représenté le facteur déterminant dans cinq des six élections présidentielles, selon M. Vandal. Voilà une très bonne nouvelle dans les circonstances.

Même si plusieurs Américains ne voient aucun renouveau en Mme Clinton, il faut espérer que la raison l'emportera sur le désir du changement. M. Trump est un pari beaucoup trop risqué.

Dimanche soir, pour séduire certains électeurs, il a encore attaqué sans aucune retenue l'accord de libre-échange avec le Canada et le Mexique. Cette attaque n'a guère retenu l'attention dans un débat axé sur les attaques personnelles. Le libre-échange est un enjeu important pour les Canadiens.

De ce côté-ci de la frontière, il est difficile de comprendre que Trump représentait le meilleur candidat de la droite américaine. La situation est surréaliste.

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