Rétention et intégration

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Denis Dufresne
La Tribune

(Sherbrooke) ÉDITORIAL / Le Québec a tout intérêt à donner un sérieux de coup de barre pour aider les nouveaux arrivants à intégrer le marché du travail et, dans bien des cas, pour leur permettre d'avoir un emploi qui correspond à leurs compétences.

À l'heure actuelle, près du quart des immigrants quittent le Québec pour les autres provinces après quelques années, faute d'avoir pu trouver un emploi qui leur convient, ce qui est ironique puisque la majorité des immigrants sont sélectionnés selon leurs compétences et leur capacité à répondre aux besoins du marché du travail.

La recherche d'un emploi est bien souvent un parcours semé d'embûches pour le nouvel arrivant qui peine à faire reconnaître ses diplômes et son expérience de travail à l'étranger et qui doit dans bien cas apprendre non seulement le français, mais l'anglais afin de répondre aux exigences des employeurs.

Résultat : le taux de chômage chez les immigrants est de plus du double de celui que l'on retrouve chez les Québécois dits « de souche ».

Et, fait intéressant, il est plus élevé chez les nouveaux arrivants unilingues francophones (23 %) que chez ceux qui sont unilingues anglophones (16 %), selon Statistique Canada.

Malheureusement, au cours des dernières années, le gouvernement Couillard a posé des gestes en contradiction avec sa volonté d'attirer des immigrants pour pallier la dénatalité et répondre aux besoins en main-d'oeuvre.

Il a effectué des coupes budgétaires pour la francisation dans les entreprises, tout comme pour la francisation et l'accueil des enfants du primaire et du secondaire, bien que Québec ait regarni l'enveloppe de cinq millions $ cette année à ce chapitre.

Faut-il se surprendre que plus de 200 000 Néo-Québécois ne parlent pas le français et que 60 % des immigrants adultes non francophones refusent de suivre un cours gratuit de francisation?

Le gouvernement a également fermé les bureaux régionaux du ministère de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion, en plus d'avoir réduit le financement des organismes communautaires qui viennent en aide aux immigrants.

Dans un « Portrait du revenu et de l'emploi des personnes immigrantes », l'Institut de recherche et d'informations socioéconomiques (IRIS) constate que le fait de sélectionner les immigrants en fonction des besoins des entreprises ne leur garantit pas un emploi de qualité et à la hauteur de leurs compétences.

Il estime qu'il faut plutôt privilégier l'immigration de personnes qualifiées et faciliter leur accès à des emplois de qualité qui leur permettront d'avoir un niveau de vie « décent ».

Pour le Conseil du patronat du Québec, le problème ne tient pas tant à la surqualification qu'à l'adéquation entre la formation et les besoins des entreprises.

L'organisme prône une meilleure information sur les besoins des régions et la prise en charge des immigrants dès leur arrivée.

Et selon son PDG, Yves-Thomas Dorval, les programmes de soutien aux entreprises comme le Programme d'aide à l'intégration des immigrants et des minorités visibles en emploi (PRIIME) sont souvent méconnus.

La région de l'Estrie fait beaucoup d'efforts pour l'intégration des nouveaux arrivants.

Par exemple, depuis vendredi se tient au Centre Julien-Ducharme la Foire de la diversité et de l'emploi, à l'initiative de l'organisme Actions interculturelles, destinée notamment à offrir des opportunités d'emploi aux personnes immigrantes.

Mais, on n'est sortira pas, Québec doit accorder davantage de ressources pour l'intégration et la rétention des immigrants, qu'il s'agisse de la reconnaissance des diplômes obtenus à l'étranger, de stages en entreprises, de programmes de mentorat et d'accès à l'égalité, comme le propose l'IRIS, et, évidemment, de cours de francisation.

Il ne manque plus que la volonté politique.

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