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Denis Dufresne
La Tribune

(Sherbrooke) ÉDITORIAL / On ne peut reprocher à une organisation comme le CIUSSS de l'Estrie-CHUS de vouloir améliorer ses activités pour réduire ses coûts, cette fois-ci en centralisant les analyses de laboratoire.

Le CIUSSS de l'Estrie-CHUS a des cibles budgétaires très strictes à respecter et doit faire des choix difficiles.

En revanche, les citoyens ont le droit d'être sceptiques devant les réorganisations des services de santé qui ne se traduisent pas nécessairement par un meilleur accès aux soins.

Avec l'implantation du projet Optilab, un laboratoire de biologie médicale centralisé au CHUS-Fleurimont, et l'abolition de 50 postes d'ici trois à cinq ans, la direction du CIUSSS de l'Estrie-CHUS anticipe des économies de quatre à cinq millions $ par année, qui seront réinvestis dans les soins et les services aux patients.

Cette décision est dictée par le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) qui veut centraliser les analyses des laboratoires des hôpitaux de la province dans 11 « laboratoires serveurs », ce qui se traduira par la suppression de 460 postes de technologistes médicaux au Québec, selon les syndicats.

Le MSSS, tout comme le CIUSSS de l'Estrie-CHUS, soutient qu'il n'y aura aucun impact négatif pour les usagers.

Ceux-ci ne demandent qu'à le croire.

Les syndicats dénoncent cette mesure et s'inquiètent des risques que pourrait comporter le transport des échantillons sur de très grandes distances.

En outre, cette centralisation se traduira par une perte d'expertise et d'emplois bien rémunérés dans les régions comme celles de Windsor et de Lac-Mégantic.

Pour bien des employés, la perte d'un travail dans leur domaine d'expertise et les difficultés à se replacer équivalent bien souvent à une catastrophe.

On demande à toutes les organisations de rationaliser leurs opérations, ce qui se traduit ultimement par des pertes d'emplois : la Ville de Sherbrooke et les grandes entreprises comme la Banque Laurentienne le font.

Et le réseau de la santé n'y échappe pas en raison des contraintes budgétaires décrétées par le gouvernement du Québec au nom de l'assainissement des finances publiques.

Du reste, peut-on blâmer une organisation de chercher à optimiser ses ressources lorsque l'argent se fait rare?

Malheureusement, pour ce qui est des services publics, les citoyens et usagers ne sont guère en mesure d'évaluer si ces réorganisations aboutissent réellement à des économies et si les objectifs sont atteints.

D'autant plus qu'il n'y a pas de réels mécanismes de reddition de comptes.

En outre, le poste du Commissaire à la santé, Robert Salois, qui a livré en juin dernier un constat dévastateur sur le temps d'attente dans les urgences au Québec, a été aboli par le ministre de la Santé, Gaétan Barrette.

Les hausses importantes de revenus accordées au cours des dernières années aux médecins, généralistes et spécialistes, n'ont pas permis un meilleur accès aux soins, du moins aux yeux de nombreux usagers du réseau, des syndicats et du Conseil pour la protection des malades.

Jeudi, la protectrice du citoyen, Raymonde Saint-Germain, a dénoncé le manque de qualité des services offerts par l'État québécois en raison des compressions budgétaires du gouvernement Couillard et de la lourdeur administrative.

Selon elle, cela prive les citoyens des services auxquels ils ont droit, qu'il s'agisse de l'aide aux victimes d'actes criminels, des droits des locataires aînés ou des accidentés du travail.

Ce genre de constat, même s'il ne s'applique pas spécifiquement au secteur de la santé, n'est rien pour inspirer confiance aux citoyens.

Ceux-ci ont donc l'impression que les compressions et les rationalisations affectent d'abord les usagers et les personnes plus vulnérables.

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