La provocation

C'est ce soir que pourrait se décider l'issue de la course à la Maison-Blanche.... (The Associated Press)

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Pierre-Yvon Bégin

Collaborateur aux pages Opinions de La Tribune.

La Tribune

C'est ce soir que pourrait se décider l'issue de la course à la Maison-Blanche. Le débat qui opposera Hillary Clinton et Donald Trump pourrait constituer un point tournant. À 43 jours de l'élection du 8 novembre, leur performance deviendra peut-être l'élément qui va faire pencher la balance.

Les observateurs conviennent que Trump a pris l'initiative de la campagne au cours des dernières semaines. Pendant ce temps, Clinton trébuchait, forcée même à prendre une pause, le temps de se refaire une santé. Les images la montrant vacillante ont assurément été dévastatrices. Les électeurs américains étaient déjà frileux quant à son état de santé général.

Donald Cuccialetta, membre de l'Observatoire sur les États-Unis de la Chaire de recherche Raoul-Dandurand de l'UQAM, admet que Trump marque des points. Il note que les Américains vivent une « insécurité totale » depuis la tragédie du World Trade Center le 11 septembre 2001. Nos voisins, observe-t-il, sont à la recherche d'un puissant leader qui sera en mesure de « régler ça vite », ce que Trump cherche d'ailleurs à incarner.

Professeure à l'Université de Sherbrooke et directrice adjointe de l'Observatoire sur les États-Unis, Karine Prémont remarque pourtant que les Américains ont jusqu'ici été déçus des réponses de Trump au terrorisme. Ses promesses d'agir rapidement, observe-t-elle, semblent atteindre l'électorat en économie, mais pas sur les questions de politique étrangère.

Le premier des trois débats, pense-t-elle, est le plus important parce que le plus écouté, quoique d'une importance relative. Prime d'abord la façon dont les analystes et les médias en parleront. Plus déterminant encore dans le résultat final, dit-elle, la situation de l'économie une semaine avant le vote ainsi que le niveau popularité du président sortant.

« Les deux doivent gagner lundi soir », indique Karine Prémont, reconnaissant que tout est possible et que les deux adversaires sont au coude-à-coude. Elle croit que Trump va sans doute essayer de calmer son style impétueux. La meilleure stratégie de Clinton, estime-t-elle, consiste à la fois à démontrer ses compétences tout en illustrant la faiblesse de Trump en le provocant.

« Le naturel revient vite au galop », déclare-t-elle, concédant que, dans le feu de l'action, Trump ne pourra plus suivre le script préparé par sa nouvelle équipe de conseillers. Sur papier, analyse-t-elle, Hilary Clinton apparaît certes la plus compétente. Celle qui commentera le débat ce soir à RDI n'ose pourtant faire de prédiction.

« La course ne devrait pas être si serrée et c'est signe que quelque chose manque à Mme Clinton », juge-t-elle.

Nouveau professeur émérite de l'Université de Sherbrooke, Gilles Vandal concède de son côté que Trump semble avoir appris à se discipliner ces derniers temps. Clinton, pense-t-il, a donc avantage à limiter ses propres interventions et à le « laisser s'enfarger lui-même ». Il estime que 90 % des électeurs ont déjà fait leur choix.

Trump a jusqu'ici déjoué toutes les prédictions. À son tout premier débat à deux, il pourrait bien surprendre à nouveau ce soir en lançant son effroyable « You're fired ».

Principal client du Canada avec 70 % de ses exportations, les États-Unis jouent un rôle déterminant dans notre économie. Cette élection revêt une importance capitale en raison des promesses de revoir les ententes de libre-échange. Le gouvernement Trudeau pourrait y voir une justification supplémentaire de diversifier ses marchés d'exportation vers la Chine, quitte à fermer les yeux sur son piètre bilan en matière des droits de l'homme.

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