Barrette sur la sellette

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(Sherbrooke) ÉDITORIAL / Frais accessoires et impasse dans les négociations avec les pharmaciens : le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, est de nouveau sur la sellette alors que des médecins menacent de ne plus offrir certains services, comme les vasectomies, et que le lien de confiance entre les pharmaciens et le gouvernement est grandement affaibli.

Le ministre Barrette nous a habitués à agir de manière parfois unilatérale et sans réelle consultation en s'imaginant que tous allaient se rallier à ses décisions, ce qui suscite la plupart du temps du mécontentement, voire une levée de boucliers.

Et bien souvent, le citoyen a l'impression qu'il a été oublié dans ces différends entre le gouvernement et les ordres professionnels.

M. Barrette avait annoncé dès le début de mai dernier l'abolition des frais accessoires facturés aux patients pour des soins de santé couverts par l'assurance maladie et avisé les médecins que les coûts seraient absorbés à même leur salaire.

Or, depuis l'annonce « officielle » de leur abolition à compter de janvier 2017, mercredi dernier, des médecins affirment que certains services offerts dans les cliniques pourraient disparaître, qu'il s'agisse des petites chirurgies nécessitant des agents anesthésiques ou encore de certains soins nécessitant des équipements coûteux.

On peut penser que la lettre que la ministre fédérale de la Santé, Jane Philpott, a adressée au ministre Barrette une semaine auparavant pour l'aviser qu'Ottawa ne tolérait pas cette pratique et réduirait les paiements en santé versés au Québec d'une somme équivalant aux coûts assumés par les patients depuis 2014-2015, lui a forcé la main.

M. Barrette a dénoncé cette manoeuvre inédite du fédéral, rappelé que le Québec ne reconnaît pas la Loi canadienne sur la santé et s'est dit prêt à aller devant les tribunaux.

Pourtant, le litige sur les frais accessoires ne date pas d'hier : la Vérificatrice générale du Québec, Guylaine Leclerc, avait dans son rapport de mai dernier blâmé Québec pour le manque d'encadrement de cette pratique et souligné que des frais non autorisés étaient demandés aux patients.

De plus, un recours judiciaire a été entamé en Cour fédérale il y a quelques mois par des citoyens et des organismes pour faire interdire ces frais puisqu'ils contreviennent à la Loi canadienne sur la santé.

Il faut certes saluer la volonté du ministre Barrette d'abolir les frais accessoires dans le régime public et d'améliorer ainsi l'accès aux soins.

Mais pourquoi Québec n'a-t-il pu s'entendre avant aujourd'hui avec les deux fédérations de médecins (omnipraticiens et spécialistes) ?

Et pourquoi les citoyens devraient-ils faire les frais de la nouvelle confrontation fédérale-provinciale qui s'annonce ?

Il en va de même, ou presque, dans le cas des négociations entre l'Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP) et le gouvernement, rompues depuis vendredi dernier.

Les pharmaciens reprochent au ministre Barrette d'avoir renié une entente dans laquelle ils acceptaient des compressions de 400 millions $ sur trois ans en échange de l'augmentation du plafond des ristournes qui leur sont versées par les compagnies de médicaments génériques en fonction des volumes de ventes.

En avril dernier, Québec a fait volte-face et annoncé plutôt une levée partielle et progressive de ce plafond, ce qui a mis le feu aux poudres.

L'AQPP affirme que le non-respect de l'entente entraîne une diminution des heures d'ouverture, donc de services, et même des fermetures de pharmacies, comme ce fut le cas à Asbestos en 2015.

Encore là, le simple citoyen a l'impression d'être considéré comme un élément négligeable dans ces tractations entre Québec et les ordres professionnels.

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