L'heure juste

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(Sherbrooke) ÉDITORIAL / Avec la remise en question par certains élus de la pertinence de la revue musicale estivale Cowboys, de Willie à Dolly, en raison de doutes sur ses retombées réelles pour le centre-ville, la Ville de Sherbrooke doit donner l'heure juste aux citoyens et établir clairement si elle en a pour son argent.

Après un début somme toute modeste en 2014, avec 10 000 spectateurs, l'édition 2015 avait attiré 15 000 personnes, une progression en bonne partie attribuable à l'installation d'un toit au-dessus de la scène.

Les données pour l'été 2016 ne sont pas encore disponibles.

Toutefois, le producteur, Robert Doré, de Québec Issime, a déjà indiqué que l'achalandage avait été en deçà de ses attentes, mais que la production demeure rentable et qu'elle reviendra en 2017.

Malgré une étude de la firme Extract Marketing réalisée en 2015 démontrant que ce spectacle amenait des retombées de 1,5 million $ pour Sherbrooke, comparativement à 950 000 $ en 2014, des élus continuent de se poser des questions sur les bénéfices que retire la Ville de sa participation annuelle de 331 000 $ dans ce projet.

Et leurs interrogations trouvent écho auprès des commerçants du centre-ville et des contribuables.

Ceux-ci, après tout, payent la contribution annuelle de la Ville de 331 000 $, ont financé la construction du toit au coût de 895 000 $ (que Québec Issime rembourse sur 10 ans) et ont assumé la facture pour la scène que la Ville a achetée en 2010 au coût de 1,8 million $.

Il y a deux semaines, la conseillère Annie Godbout s'est interrogée notamment sur l'accessibilité de ce spectacle compte tenu du prix d'entrée (72 $ par adulte, 45 $ par étudiant et 35 $ par enfant de 12 ans et moins) et sur la capacité de ce produit touristique à concurrencer, par exemple, le Cirque du Soleil à Trois-Rivières, qui présentait cet été un hommage à Robert Charlebois.

Elle soulevait également qu'avec 55 pour cent de sièges vendus en 2015 (contre 39 pour cent en 2014), « on parle donc ici d'une salle à moitié vide », et rejetait l'argument du producteur selon lequel la promotion avait été déficiente cette année.

L'an dernier, les conseillers Jean-François Rouleau, Annie Godbout et Hélène Dauphinais avaient aussi fait part de leurs réserves au sujet des sommes investies par la Ville dans ce spectacle.

Mme Dauphinais avait estimé qu'avec 15 000 entrées en 2015 et une contribution municipale de 331 000 $ « c'est très peu », estimant que la Ville se trouvait ainsi à accorder une subvention indirecte de 22 $ par spectateur.

Le producteur avait alors rétorqué que la Ville bénéficiait de retombées de 1,5 million $, estimant qu'il s'agissait d'un bon « placement » pour Sherbrooke.

Paradoxalement, la musique country est très populaire au Québec et connaît même un renouveau avec l'arrivée de nombreux jeunes auteurs et chanteurs.

Alors, remettre en question la revue musicale Cowboys, de Willie à Dolly? Peut-être, mais pour la remplacer par quoi?

En six ans, Sherbrooke en est à son troisième spectacle à la place Nikitotek, avec Omaterra en 2010 et 2011, la compagnie Les 7 doigts de la main en 2012 et 2013, puis avec cette représentation country depuis 2014.

Concurrencer le Cirque du Soleil ou Foresta Lumina n'est pas une mince affaire.

Alors, après trois éditions, dont deux avec une scène recouverte, a-t-on vraiment donné sa chance au coureur?

Une réflexion s'impose.

La Ville de Sherbrooke et Destination Sherbrooke devront trouver réponse aux interrogations des conseillers qui ont des appréhensions et donner l'heure juste au sujet des retombées de cette revue musicale.

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