Un choix qui ne satisfera pas tout le monde

ÉDITORIAL / L'abandon du projet de passerelle cyclable sur le boulevard de... (Archives, La Tribune)

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(Sherbrooke) ÉDITORIAL / L'abandon du projet de passerelle cyclable sur le boulevard de Portland pour traverser l'autoroute 410, avec en lieu et place l'élargissement du trottoir, a au moins le mérite de permettre à la Ville de Sherbrooke d'économiser plusieurs centaines de milliers de dollars, mais cela risque toutefois de mécontenter de nombreux cyclistes.

Cette solution de compromis, confirmée lundi par le conseil municipal, consiste à agrandir le trottoir existant (côté sud) à une largeur de 3,1 mètres en empiétant sur la voie de circulation afin de permettre une utilisation plus sécuritaire pour les cyclistes et les piétons.

Devant la facture qui ne cessait de gonfler pour le projet de passerelle - le plus bas soumissionnaire demandait 2,1 millions $ - les élus ont retenu cette option dont le coût est évalué à 1,4 million $.

En outre, la Ville conservera sa subvention de 973 000 $ du ministère des Transports et de la Mobilité durable, malgré le rejet du projet initial, confirme le président du comité exécutif, Serge Paquin.

Bon nombre de cyclistes jugeront sans doute que le projet de trottoir élargi ne cadre pas avec la philosophie du transport durable que prône la Ville depuis 2012, du moins officiellement, et qui reconnaît le vélo comme un mode de transport.

Car il marquera une forme de coupure dans la voie cyclable aménagée sur le boulevard de Portland et qui se prolonge jusqu'au carrefour giratoire de la route 220.

De plus il obligera - du moins en principe - les cyclistes à descendre de leur monture pour emprunter le trottoir et traverser la 410.

Toutefois, peu de piétons empruntent le trottoir actuel, ce qui devrait éviter des problèmes de cohabitation entre ces derniers et les cyclistes.

La solution retenue par la Ville n'est pas idéale, mais elle permettra d'améliorer grandement la sécurité des cyclistes qui, compte tenu de la largeur actuelle du trottoir, risquent de se blesser voire d'être heurtés par un véhicule advenant une chute sur cette voie d'accès à la 410 très achalandée.

Les cyclistes sherbrookois réclament depuis des années un réseau cyclable utilitaire pour relier entre eux les quartiers de la ville et donner accès aux principaux générateurs de déplacements, universités, cégep, hôpitaux, grandes entreprises et centres commerciaux.

Le réseau urbain actuel est discontinu, ce qui les oblige à emprunter des voies de circulation parfois fort achalandées et sans aménagements sécuritaires pour eux.

Plusieurs projets de voies cyclables ont été réalisés au cours des dernières années, notamment sur le boulevard Jacques-Cartier, entre Prospect et de Portland, sur l'axe Conseil-Chalifoux, sur l'axe Bertrand-Fabi, sur les 12e et 13e avenues, de même que sur le boulevard de Portland.

Mais il reste beaucoup à faire, notamment un lien cyclable sécuritaire entre la rue Brûlotte et le CHUS et une piste cyclable sur le pont Jacques-Cartier, où un projet-pilote devrait être annoncé dans les prochaines semaines.

Dans le cadre de son Plan directeur du transport actif, la Ville de Sherbrooke prévoit consacrer 50 millions $ au cours des 15 prochaines années pour ajouter 130 kilomètres de voies cyclables à son réseau et 90 kilomètres de nouveaux trottoirs.

Cela ne signifie pas que tous les projets pourront être réalisés, en raison des contraintes budgétaires à venir, mais il est plus que temps de considérer le vélo comme un mode de transport et non une nuisance pour les automobilistes.

Des choix stratégiques devront donc être faits et il serait fort à propos que la Ville consulte les citoyens qui utilisent le vélo comme mode de transport.

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