L'exemple ontarien?

Le fait que les conducteurs de moins de 25 ans sont surreprésentés dans la... (123RF)

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(S) Le fait que les conducteurs de moins de 25 ans sont surreprésentés dans la plupart des infractions reliées à la conduite automobile ne constitue pas la nouvelle du siècle, mais soulève des questions sur les causes des comportements fautifs, malgré les campagnes de sensibilisation, et sur l'efficacité des mesures de sécurité routière.

Les jeunes conducteurs n'ont certes pas le monopole des comportements délinquants au volant, qu'il s'agisse d'infractions reliées à l'alcool, de conduite dangereuse ou d'excès de vitesse.

Toutefois, la témérité et l'insouciance sont le propre de la jeunesse, peu importe la génération, et cela se reflète dans les habitudes de conduite de certains d'entre eux.

Les statistiques de la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ) démontrent que les conducteurs, hommes et femmes de 16 à 24 ans, ont récolté 26,9 pour cent des contraventions en lien avec le Code criminel (facultés affaiblies, conduite dangereuse), entre 2005 et 2014, alors qu'ils représentent que 10,2 pour cent des détenteurs de permis de conduire.

Parallèlement, les conducteurs de 20 à 24 ans reçoivent 37 pour cent des sanctions à la suite de l'accumulation de points d'inaptitude (de 8, 12 ou 15 points), alors qu'ils ne constituent que 6,9 pour cent des titulaires de permis.

Toutefois, les mesures de prévention et de sécurité routière mises en place au cours des dernières années (réintroduction du cours de conduite obligatoire, tolérance zéro pour les conducteurs de 21 ans et moins en matière d'alcool au volant, etc.) ont eu un effet chez les jeunes.

D'ailleurs, en 2015, pour une troisième année consécutive, le nombre de décès chez les 15 à 24 ans a diminué. Par rapport à 2014, la diminution est de 12,7 % et, depuis 2010, le nombre de décès dans ce groupe d'âge est passé de 128 à 55, ce qui représente une amélioration de 57 %, selon le bilan routier 2015 de la SAAQ.

Globalement, le nombre de décès sur les routes a chuté de 79,5 pour cent depuis 1978, passant de 1765 cette année-là à 361 en 2015.

Toutefois, les règles du jeu actuelles sont-elles assez sévères pour ceux et celles qui mettent plus de temps à comprendre l'importance de conduire de façon respectueuse des lois ou qui se croient infaillibles?

Professeur titulaire au Département de sciences de la décision de HEC Montréal, François Bellavance signale que d'importants progrès ont été réalisés en matière de conduite avec les facultés affaiblies et d'excès de vitesse, « mais il reste que les jeunes sont surreprésentés ».

Une étude du Fonds de recherche Société et culture, « Comparaisons des bilans routiers du Québec et de l'Ontario », à laquelle a participé M. Bellavance, démontre que l'Ontario a un meilleur bilan que le Québec chez les jeunes conducteurs en raison de lois plus sévères.

Par exemple, nos voisins imposent des mesures plus restrictives sur l'alcool au volant, avec un taux d'alcoolémie maximum de 50 mg/100ml (contre 80 mg/100ml au Québec) et des périodes de suspension de permis plus longues.

Les politiques de l'Ontario sur l'accès graduel à la conduite chez les jeunes sont plus sévères avec, notamment, l'interdiction de conduire entre minuit et 5 h du matin pour les permis probatoires, et une limite sur le nombre de passagers autorisés dans le véhicule.

Le Québec est certainement sur la bonne voie en matière de sécurité routière, mais il aurait avantage à s'inspirer des mesures mises de l'avant en Ontario pour améliorer le bilan routier chez les jeunes et réduire la mortalité puisque, visiblement, elles donnent des résultats.

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