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Sherbrooke pourrait de nouveau être relié à Montréal par train. Le projet de... (Archives, La Tribune Jessica Garneau)

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Pierre-Yvon Bégin

Collaborateur aux pages Opinions de La Tribune.

La Tribune

Sherbrooke pourrait de nouveau être relié à Montréal par train. Le projet de François Rebello consiste à rétablir un train de passagers entre Sherbrooke et la métropole avec un arrêt possible à Bromont.

L'ancien député à l'Assemblée nationale entend même prolonger la liaison jusqu'aux plages du Maine. Il y a encore loin de la coupe aux lèvres puisque le dossier doit d'abord être validé par une étude de faisabilité. Pour financer cette même étude, le promoteur espère être retenu par le Fonds vert de la Fédération canadienne des municipalités.

Cela fait beaucoup de si et François Rebello en est fort conscient. Il mise d'abord sur l'ouverture démontrée par les nouveaux propriétaires des rails. Rappelons que la Central, Maine & Quebec Railway (CMQ), propriété de Fortress Investment, a pris la relève de la funeste Montreal Maine & Atlantic (MMA) responsable de la tragédie ferroviaire de Lac-Mégantic. L'ancien député indique qu'il n'avait pas reçu un accueil enthousiaste de la MMA, qui voyait d'abord son existence reliée au transport de marchandises. Avec Fortress Investment, les choses se présentent différemment.

Le promoteur fait valoir que ce groupe est impliqué dans le secteur récréotouristique, étant notamment actionnaire d'Intrawest et de la station de ski du Mont Tremblant. Fortress, révèle-t-il, participe aussi à un projet de train rapide entre Miami et Orlando en Floride. Rien d'étonnant donc à ce que la CMQ ait affiché une « bonne collaboration ».

Si le dossier est retenu par la Fédération canadienne des municipalités, l'étude de faisabilité devra essentiellement démontrer deux choses, soit ce qu'il en coûtera et les bénéfices escomptés. Parmi les scénarios sous analyse, il est question de vitesse de croisière à 45 milles/heure, 60 et 70 m/h. Dans le monde des trains, il semble que la vitesse se mesure toujours en milles.

Bien sûr, la vitesse constitue un élément capital pour une liaison de passagers. D'éventuels usagers vont se laisser convaincre à la condition de pouvoir effectuer le trajet en un temps comparable à la voiture ou à l'autobus, et si possible dans un plus court laps de temps. La CMQ a investi 25 M$ dans ses infrastructures, ce qui lui permet aujourd'hui de circuler à 25 mi/h (40 km/h). Pour atteindre la vitesse de 100 km/h permise sur une autoroute comme la 10, il est facile d'imaginer les investissements qui seront requis. Pour l'électrification, il faut en rajouter encore un peu.

François Rebello mise aussi sur l'attrait des plages du Maine. L'accès aux vagues de l'Atlantique par un million de Québécois chaque été, plaide-t-il, constitue de loin le marché le plus lucratif pour un train de passagers. Selon le promoteur, le Maine doit également démontrer son intérêt. Signe encourageant à ses yeux, trois villes, dont Bangor, ont jusqu'ici accepté de participer cet automne à un voyage de démonstration.

Établir une liaison de passagers par train entre Sherbrooke et Montréal représente certes un objectif louable. Pour concurrencer l'autobus et la voiture, celle-ci devra cependant être rapide et offerte à prix populaire. Dans une optique de développement durable, le train présente indéniablement de forts avantages. À son détriment, le coût des infrastructures est exorbitant. Dans le corridor Québec-Windsor, le plus populeux au pays, on parle d'une liaison rapide par train depuis au moins 30 ans. Au train où vont les choses, sans mauvais jeu de mots, ce n'est pas demain la veille qu'on entendra le traditionnel « en voiture ». Alors, bonne chance à un lien Sherbrooke-Montréal.

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