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(Sherbrooke) ÉDITORIAL / Tout indique qu'un nouveau bras de fer se prépare entre les grands syndicats, le gouvernement Couillard et le monde municipal au sujet du projet de loi 110, qui modifie le régime de négociation des employés municipaux, une situation qui ne serait ni à l'avantage des villes ni des syndiqués.

Car à peine amorcée, la commission parlementaire sur le projet de loi 110 permet de constater que les positions des parties sont pratiquement irréconciliables, du moins pour le moment.

Hier, le ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux, a réitéré que l'écart entre la rémunération globale des employés municipaux et ceux de la fonction publique est de 39,5 pour cent , selon l'Institut de la statistique du Québec (ISQ), et que « quelque chose ne fonctionne pas » dans le mode de négociation actuel.

Selon lui, il faut mieux respecter la capacité de payer des villes et renforcer leur rapport de force avec les syndicats.

Les maires de Québec, Régis Labeaume, et de Montréal, Denis Coderre, qui sont montés au front sur cette question depuis des mois, appuient ce projet de loi, bien qu'ils demandent que le recours à l'arbitrage soit retiré de celui-ci puisqu'il contribue selon eux à gonfler le coût des conventions collectives.

Le projet de loi doit donner plus de pouvoirs de négociation aux municipalités et prévoit, en cas d'impasse, que l'Assemblée nationale puisse ultimement décréter les conditions de travail des syndiqués, suivant les recommandations d'un mandataire spécial.

La Centrale des syndicats nationaux (CSN), qui était entendue hier, tout comme le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), qui le sera demain, demandent carrément le retrait du projet de loi.

Les syndicats soutiennent que le mode de négociation actuel fonctionne et rappellent que 95 pour cent des conventions collectives se règlent par la négociation.

Ils affirment également que l'écart dans la rémunération globale entre les employés municipaux et ceux de l'État, que constate l'ISQ, ne s'applique qu'aux cols blancs et que les salaires de cols bleus sont dans la moyenne.

L'enjeu est évidemment de taille à la fois pour les syndicats et pour les villes, qui consacrent jusqu'à 50 pour cent de leur budget à la rémunération globale de leurs employés.

Il est d'ailleurs curieux que cette commission parlementaire se déroule sans la présence de la ministre responsable du Travail, Dominique Vien, puisque, après tout, il est question du Code du travail.

D'autre part, il faut reconnaître que les villes ne sont pas des entreprises privées et sont redevables devant les citoyens qui, en fin de compte, payent la facture et sont déjà surtaxés.

En revanche, il faut rappeler que les conventions collectives des employés municipaux ont été négociées de bonne foi et dûment signées par les syndicats et par les administrations municipales.

Les maires se plaisent néanmoins à dire qu'ils ne veulent plus négocier avec un couteau sur la gorge pour démontrer que le mode de négociation actuel est dépassé, bien que le nombre de conflits de travail dans le monde municipal a été somme toute limité ces dernières années.

À l'heure actuelle, ne serait-ce pas plutôt les syndicats qui ont le couteau sur la gorge, sachant très bien qu'une bonne partie des contribuables sont du côté des élus?

Si le statu quo est « inacceptable » et qu'il faut tenir davantage compte de l'intérêt public, comme le dit le ministre Coiteux, le gouvernement a la responsabilité d'éviter une crise et de protéger le droit à la négociation, fondamental en démocratie, ce qui implique d'amener les deux parties - les syndicats et les municipalités - à faire des compromis.

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