Difficile d'y voir clair

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(Sherbrooke) ÉDITORIAL / Après des mois de débat sur le bannissement des chiens de type pitbull, réputés pour leurs puissantes mâchoires et leur agressivité, les Québécois et sans doute de nombreux élus municipaux s'interrogent encore sur les mesures qui devraient être mises en place pour prévenir les attaques contre les humains.

En outre, est-ce que le fait de bannir une race en particulier permettrait de régler le problème?

Il est difficile d'y voir clair devant les affirmations contradictoires des défenseurs des pitbulls, qui soutiennent que ce type de chien n'est pas plus agressif que les autres, et les tenants de leur interdiction pure et simple, qui brandissent les nombreuses attaques survenues au cours des derniers mois dans la province.

Et comme pour ajouter à la confusion, le quotidien La Presse révélait le week-end dernier que le rapport de l'Ordre des médecins vétérinaires du Québec, destiné à conseiller le gouvernement Couillard pour sa loi sur les chiens dangereux, était basé sur certaines études financées par des lobbies américains de défense des pitbulls, plaçant ainsi cet organisme en conflit d'intérêts.

Le rapport omet également des statistiques et tait les propos de chercheurs sur la dangerosité que représenterait le Pitbull, notamment le fait que ses victimes sont cinq fois plus susceptibles de devoir subir une chirurgie et que ce chien est plus susceptible que d'autres d'attaquer un inconnu et sans provocation.

Ces révélations ont incité l'Ordre des médecins vétérinaires, qui s'oppose au bannissement des pitbulls, à reconnaître son erreur. Sans plus.

Qu'elle ait été volontaire ou non, l'utilisation d'études partiales empêche une approche juste du problème pour les politiciens et induit le public en erreur.

Toutefois, même si le gouvernement québécois n'a pas encore pris position, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, est d'avis que ces chiens-là devraient être interdits en raison des blessures et des dommages permanents qu'ils peuvent causer.

Il faut reconnaître que d'autres types de chien, les bergers, doberman ou rottweiler par exemple, peuvent aussi blesser sérieusement une personne, mais plusieurs incidents survenus au cours de l'été n'ont pas aidé la cause des défenseurs des pitbulls, notamment la mort d'une Montréalaise de 55 ans attaquée en juin dernier dans sa propre cour par le pitbull de son voisin.

Cela dit, on peut penser que, quelle que soit la race d'un chien, son comportement est lié au moins en partie à la façon dont son maître l'a dressé.

C'est la responsabilité première du propriétaire de dresser son animal de façon à ne pas développer un comportement agressif, de ne pas le laisser en liberté et de le tenir en laisse dans les endroits publics.

Dans la majorité des cas de morsures et des attaques répertoriées ces derniers mois au Québec, le chien avait été laissé en liberté, n'était pas tenu en laisse adéquatement ou était hors de contrôle.

Est-il normal qu'un gros chien, quelle que soit sa race, soit laissé en liberté et s'en prenne sans raison à des personnes, comme cela s'est produit dans le secteur de Rock Forest en mai dernier lorsque trois employés d'une pharmacie ont été attaqués par un bull-terrier pendant leur pause à l'extérieur?

On ne peut tolérer que des enfants ou des adultes soient attaqués sans raison.

Avant de prendre sa décision, le gouvernement Couillard considérera, espérons-le, que le rapport de l'Ordre des médecins vétérinaires n'est pas totalement objectif.

Une chose est certaine toutefois : peu importe la race ou le type de chien, il faut au minimum mieux encadrer la possession d'animaux potentiellement dangereux, responsabiliser leurs propriétaires, quitte à exiger qu'ils contractent une assurance responsabilité civile, et mieux documenter les cas de morsures.

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