L'enfant prodige

Penny Oleksiak... (La Presse Canadienne)

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Penny Oleksiak

La Presse Canadienne

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Pierre-Yvon Bégin

Collaborateur aux pages Opinions de La Tribune.

(Sherbrooke) ÉDITORIAL / La canadienne Penelope Oleksiak est devenue l'une des grandes sensations des Jeux olympiques de Rio. La torontoise d'à peine 16 ans a jusqu'ici remporté quatre médailles, dont une d'or. La nageuse vient d'écrire une page d'histoire dans l'olympisme canadien, étant la première à monter sur un podium au 100 m libre, l'équivalent de l'épreuve phare en athlétisme. Mieux, elle a gagné la médaille d'or. D'ores et déjà, celle qu'on surnomme « l'enfant », mérite sûrement l'honneur de porter l'unifolié aux cérémonies de clôture.

La jeune « Penny » n'a eu 16 ans qu'en juin dernier, ce qui lui vaut le titre de toute première médaillée d'or individuelle née après l'an 2000. Aucune canadienne n'avait gagné de médaille d'or à la piscine depuis 1984. La dernière médaille d'or canadienne en natation remontait d'ailleurs à 1992 avec Mark Tewksbury. Son exploit est d'autant plus remarquable qu'elle ne s'entraîne véritablement que depuis quatre ans. À titre comparatif, l'américain Michael Phelps n'avait pas remporté de médaille à ses premiers Jeux à Sydney à l'âge de 15 ans. Le plus grand médaillé des Jeux s'est bien repris depuis en remportant jeudi soir sa 22e médaille d'or olympique. Une vraie torpille!

Revenir de l'arrière constitue la marque de commerce de la nouvelle étoile du sport canadien. Au cours de son 100 m, elle traînait d'ailleurs derrière les autres nageuses, effectuant son virage à l'avant-dernier rang. Elle a inscrit un nouveau record olympique en 52,70 secondes, coiffant même la précédente détentrice du titre.

Entraîneur à l'Université Laval et connu pour avoir fondé l'Opération Nez Rouge, Jean-Marie De Koninck note que la jeune prodige ne ressent pas la pression. Elle est à Rio pour s'amuser, a-t-il commenté à Radio-Canada, convaincu que d'autres nageuses de cette finale auraient pu réaliser de meilleurs temps.

« J'essayais seulement de nager le plus vite possible et d'être heureuse, peu importe le résultat », a confié la nouvelle championne. Celle-ci partage son exploit avec Simone Manuel. À 20 ans, celle-ci devient la première Afro-américaine à décrocher une médaille d'or individuelle en natation.

L'exemple de Penny Oleksiak devrait avoir un impact important sur le développement de nouveaux espoirs chez les nageurs au Canada, tout comme le triomphe de Sylvie Bernier en plongeon à Los Angeles. « Je veux inspirer des jeunes de mon âge ou même des plus jeunes de faire tout ce qu'ils veulent, a-t-elle déclaré. Les gens ne pensaient même pas que je puisse me classer dans l'équipe olympique. »

Les médailles de Penny Oleksiak confirment aussi le développement du sport chez les femmes au Canada. Au Brésil, l'équipe canadienne compte plus d'athlètes féminins que masculins, soit 186 femmes contre 128 hommes. Chef de mission adjointe, Isabelle Charest a expliqué à Philippe Cantin de La Presse+ que le Canada a été un « précurseur » en leur offrant les mêmes avantages et ressources qu'aux hommes. Les athlètes féminines ont jusqu'ici remporté les neuf médailles du Canada à Rio.

D'autres finales demeurent à venir, notamment en soccer. Hier soir, les canadiennes ont brillamment surpris l'équipe française, victoire qui leur ouvre la porte du podium. L'étoile de Coaticook, Josée Bélanger, appelée en relève, a joué un solide match, mais a malheureusement hérité d'un carton jaune.

Dans cet univers tout féminin, mentionnons aussi la splendide performance de l'haltérophile d'Ascot Corner, Pascal Plamondon. Il a inscrit deux nouveaux records canadiens chez les moins de 85 kg. Mais quel spectacle extraordinaire ces jeunes athlètes nous offrent-ils! Bravo!

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