Victime de son succès?

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(Sherbrooke) ÉDITORIAL / L'augmentation du nombre de Québécois en attente d'un médecin de famille constitue à la fois une bonne et une moins bonne nouvelle.
Une bonne nouvelle parce que cela démontre que le Guichet d'accès à un médecin de famille (GAMF) instauré en avril dernier par le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, incite de plus en plus de gens à s'inscrire.

Mais une moins bonne nouvelle parce le défi de garantir à 85 pour cent de la population l'accès à un médecin d'ici le 31 décembre 2017 demeure entier.

En Estrie par exemple, le nombre de personnes inscrites sur la liste d'attente est passé de 21 795 au 1er août 2015 à 28 393 au 1er août 2016, une augmentation qui témoigne de l'ampleur de ce que l'on attend des médecins de famille.

La Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) s'était engagée auprès du gouvernement du Québec, en mai 2015, à atteindre une cible d'inscriptions de 85 pour cent de la population d'ici le 31 décembre 2017, se soustrayant ainsi au projet de loi 20 qui imposait notamment des quotas de patients.

À l'heure actuelle, 78,4 pour cent de la population en Estrie est inscrite auprès d'un médecin de famille, ce qui est supérieur à la plupart des autres régions alors que la moyenne québécoise est de 70 pour cent. Ce taux était de 56 pour cent en 2011.

Quatre mois après l'instauration du GAMF, le ministre Barrette estime que celui-ci est en quelque sorte victime de son succès et se dit sûr que l'objectif du 31 décembre 2017 sera atteint.

« Est-ce que le système en a la capacité? Oui. Est-ce que les gens vont répondre? Passer de 78 à 85 pour cent, c'est une grosse marche », dit-il.

M. Barrette ajoute qu'il appartient aux médecins de livrer la marchandise, à défaut de quoi la rémunération de ceux qui n'ont pas inscrit le nombre de patients requis pourrait être diminuée jusqu'à 30 pour cent à compter du 1er janvier 2018, moment où la loi 20 pourrait être appliquée.

Pour le moment, les bilans trimestriels qui permettent de suivre l'évolution de la clientèle prise en charge par les médecins semblent encourageants.

« En juin, on note un léger retard, mais si ça s'accroît en septembre et en décembre on va s'attendre à ce que la FMOQ intervienne; son engagement c'est d'arriver à destination, donc il peut y avoir des conséquences », signale M. Barrette, précisant que la FMOQ s'est donné un objectif, mais que les pénalités seront imposées individuellement aux médecins fautifs.

Bref, les médecins de famille n'ont pas le gros bout du bâton.

De plus, c'est un secret de polichinelle que les relations entre ces derniers et le ministre Barrette ont souvent été tendues; le président de la FMOQ, Louis Godin, a même déjà reproché au ministre de dénigrer ses membres et de laisser entendre qu'ils ne travaillaient pas assez.

Parallèlement, de nombreux médecins sont réticents devant les exigences que comporte l'entente avec le gouvernement, notamment en ce qui a trait au nombre de patients qu'ils devront suivre, et ils craignent de devoir faire du travail à la chaîne.

L'objectif premier de l'entente, par ailleurs saluée par les groupes de défense des usagers et des personnes malades, est d'améliorer l'accès aux services médicaux de première ligne.

Mais, pour cela, il faut un minimum de respect et reconnaître les médecins comme des partenaires.

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