Dix ans d'attente

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(Sherbrooke) ÉDITORIAL / Annoncé il y a plus de 10 ans par les libéraux de Jean Charest, le projet d'agrandissement du parc national du mont Orford semble bloqué dans un dédale juridico-administratif qui donne à penser que les gouvernements qui se sont succédé à Québec depuis 2006 se sont plus ou moins traîné les pieds.

Ou à tout le moins que ce dossier ne constitue pas une priorité, bien que le projet ne soit pas remis en question et que l'agrandissement soit toujours inscrit dans la loi 23.

Malgré les années, le processus d'acquisition des terrains propriétés de Placements Bombardier et de Station Mont-des-Trois-Lacs, n'est toujours pas terminé et il est difficile de savoir si et quand le dossier sera inscrit au Tribunal administratif du Québec en cas d'expropriation.

Le projet avait été annoncé en 2006 dans la foulée de la saga du mont Orford, alors que le gouvernement Charest souhaitait privatiser la station de ski et le golf avant de se raviser en raison d'une mobilisation citoyenne rarement vue.

Dès 2008, la ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Line Beauchamp, accompagnée du député d'Orford, Pierre Reid, avaient fait part de l'acquisition de près de 4000 hectares, tout en précisent que Québec devait s'entendre avec les propriétaires d'une autre portion de 1260 hectares de terrain en vue de doubler la superficie du parc.

Au fil des ans, La Tribune a tenté à plusieurs reprises de savoir quand allait se concrétiser l'agrandissement du parc et a presque toujours obtenu la même réponse : que le projet était sur les rails et qu'une annonce était pour bientôt.

À la fin de 2013, Serge Alain, de la direction des parcs au ministère du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs, avait laissé entendre que l'agrandissement pourrait se faire avant la fin de 2014.

En janvier 2014, le ministère estimait que cela se ferait durant la seconde moitié de l'année.

En septembre de la même année, notre collègue Luc Larochelle écrivait que « le couperet budgétaire ne taillera pas en pièces le projet d'agrandissement du parc national du Mont-Orford ».

Il ajoutait que « le conseil des ministres sera prochainement saisi d'une recommandation de procéder par voie d'expropriation afin d'acquérir les deux grands blocs de terrains constituant les pièces manquantes du puzzle ».

Puis, en mars 2015, le journaliste Jean-François Gagnon signalait que les derniers terrains visés par le projet allaient bientôt être acquis par le gouvernement du Québec, ce qui ne s'est pas matérialisé.

Près d'un an et demi plus tard, le même constat s'impose et il est presque surréaliste de penser que le projet traîne depuis 10 ans.

Le député d'Orford, Pierre Reid, rappelle toutefois que malgré un processus long et complexe, l'objectif de protection de ce territoire n'a pas changé.

« Tout le monde est sûr que la décision est irrévocable et que ça va se faire », dit-il, rappelant que les propriétaires des terrains que veut acquérir le gouvernement « n'étaient pas d'accord au départ ».

À la décharge du gouvernement, on peut aussi faire valoir que l'agrandissement du parc du mont Orford a pour but de préserver ce territoire pour les générations futures et que ces cafouillages sont donc bien relatifs.

En revanche, après 10 ans d'attente, la génération actuelle est en droit de se poser des questions.

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