Des Jeux propres!

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Pierre-Yvon Bégin

Collaborateur aux pages Opinions de La Tribune.

La Tribune

(Sherbrooke) ÉDITORIAL / C'est vendredi soir que s'ouvrent officiellement les Jeux olympiques de Rio de Janeiro au Brésil. Les cérémonies d'ouverture promettent d'en mettre plein la vue aux millions de téléspectateurs. La délégation canadienne, dit-on, est la meilleure de tous les temps, laissant entrevoir une récolte record de médailles. Ne vendons pas la peau de l'ours avant de l'avoir tué. Rendez-vous des meilleurs athlètes au monde, ces Jeux se dérouleront malheureusement sous plusieurs menaces et sujets de controverses.

Au chapitre du dopage, le Comité international olympique (CIO) est le premier à blâmer. Il a attendu à la dernière minute pour se prononcer sur la participation des athlètes russes. Il s'est lavé les mains avant de renvoyer la décision aux fédérations sportives internationales. Rappelons que les enquêtes des avocats canadiens Richard Pound et Richard McLaren ont prouvé l'existence d'un système organisé en Russie pour déjouer les contrôles antidopage.

Comble du cynisme, le CIO a refusé à la championne russe du 800 mètres de participer aux Jeux de Rio. À son corps défendant, Yuliya Stepanova a osé révéler au grand jour le subterfuge auquel tous les athlètes russes doivent se soumettre. C'est grâce à ses révélations que l'Agence mondiale antidopage a pu agir.

Il y a déjà trop longtemps que les tricheurs contaminent le sport d'élite. Les athlètes honnêtes, qui refusent d'hypothéquer leur santé en avalant des substances interdites, n'ont malheureusement aucune chance contre les « dopés ». Haltérophile médaillée de bronze à Londres en 2012, Christine Girard vient heureusement de se voir attribuer l'or après la disqualification de ses adversaires. Un nouvel examen des échantillons a ainsi révélé 11 nouveaux cas de dopage dans sa seule catégorie.

Outre le dopage, les Jeux de Rio seront aussi placés sous haute surveillance. La montée du terrorisme rappelle malheureusement le triste attentat de Munich en 1972 où 11 athlètes israéliens ont perdu la vie. Souhaitons cette fois que les Jeux de Rio puissent se dérouler sans incident.

L'appel lancé par le secrétaire général de l'ONU est jusqu'ici demeuré sans réponse. Ban Ki-moon a invité tous les belligérants de la planète à respecter un cessez-le-feu pendant la durée des Jeux. Dans l'antiquité, toutes les armées déposaient les armes et observaient une trêve, le temps de permettre à leurs champions de s'affronter dans un tournoi amical.

Parmi les menaces, il y a aussi le virus Zika, plus invisible, mais tout aussi dangereux.

Les Jeux de Rio pourraient aussi se traduire par un calvaire financier pour le Brésil. Déjà touché par une crise économique, le pays aura visiblement du mal à assumer la dette olympique. Les récents déboires de la Grèce découlent en partie des Jeux d'Athènes en 2004.

Les efforts financiers exigés des pays désireux de présenter les Jeux sont vraiment exagérés. Les athlètes n'ont pas besoin d'autant de fla-fla pour exprimer leurs talents. Le CIO aurait tout intérêt à revenir à plus de modestie. À moindre échelle, c'est un peu ce qui s'est passé à Bromont où les organisateurs ont été forcés de déclarer forfait.

Place donc aux athlètes, en particulier à nos représentants, Pascal Plamondon et Josée Bélanger. Leur exemple sera sans doute déterminant pour nombre de jeunes sportifs qui auront les yeux braqués sur Rio au cours des prochains jours. Les exploits des Sylvie Daigle, Lloyd Langlois et Nicolas Fontaine ont assurément incité plusieurs jeunes à suivre leurs traces. Sans conteste, les Jeux olympiques offrent le plus grand et meilleur spectacle au monde.

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