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Denis Dufresne
La Tribune

(Sherbrooke) ÉDITORIAL / Les Québécois ont-ils l'heure juste au sujet de la présence des cyanobactéries dans les plans d'eau de la province ?

La question mérite d'être posée à la lumière des données du ministère du Développement durable, de l'Environnement, des Parcs et de la Lutte contre les Changements climatiques (MDDELCC) qui démontrent une baisse appréciable du nombre de plans d'eau touchés, mais aussi une diminution marquée du nombre d'inspections depuis une dizaine d'années.

Ainsi, le rapport annuel du Ministère pour l'année 2015 démontre qu'entre 2007 et 2015 le nombre de lacs et de rivières touchés (et visités) est passé de 167 à 55.

Or, durant la même période, le nombre d'inspections effectuées par le ministère est passé de 275 à 72.

Il faut savoir que les inspections du MDDELCC excluent dorénavant les plans d'eau où le problème des cyanobactéries est récurrent d'une année à l'autre, à moins de la tenue d'un événement sportif majeur ou de la présence de prises d'eau.

En 2015, par exemple, 27 plans d'eau où le phénomène se répète d'une année à l'autre n'ont pas été visités même s'ils peuvent avoir fait l'objet d'un signalement.

En revanche, un total de 72 plans d'eau ont été visités, dont 17 étaient nouvellement touchés par le problème, dans l'ensemble de la province.

En Estrie, 9 plans d'eau ont été touchés et visités par les inspecteurs du ministère en 2015 : la rivière Saint-François, de même que les lacs Aylmer, Brompton, Caron, Leclerc, Massawippi, Memphrémagog, Brousseau et Moffat.

Deux autres lacs, Orford et Magog, où le problème est récurrent d'une année à l'autre, n'ont pas été visités.

Des associations de lacs effectuent elles aussi des inspections pour détecter la présence de cyanobactéries ; c'est notamment le cas au lac Memphrémagog où la patrouille de Memphrémagog Conservation inc. a signalé depuis le début de l'été la présence de cyanobactéries à quatre endroits différents au MDDEPLCC.

Les fluctuations du nombre de lacs touchés d'une année à l'autre peuvent également s'expliquer par les conditions météorologiques et environnementales, de même que par la volonté ou la capacité des citoyens de signaler le phénomène.

Le porte-parole du Ministère à Sherbrooke, Daniel Messier, explique en outre que les efforts visent aussi les sources de contamination des plans d'eau, notamment le phosphore, qui favorise le développement des cyanobactéries, notamment l'inspection des marinas et des fosses septiques, de même que le contrôle des épandages d'engrais et des problèmes d'érosion.

D'autre part, il est impossible de connaître le nombre de plans d'eau qui sont touchés en temps réel durant l'été puisque ces données ne sont divulguées que l'année suivante dans le rapport annuel du ministère. Alors pourquoi avoir réduit le nombre d'inspections ?

L'Estrie, comme la plupart des autres régions du Québec, est aux prises depuis des années avec le problème des cyanobactéries.

Celles-ci peuvent présenter un risque pour la santé des baigneurs et pour les riverains qui puisent leur eau dans les lacs et les rivières puisqu'elles peuvent produire des toxines, bien que la présence de cyanobactéries dans un secteur délimité d'un lac ne signifie pas nécessairement qu'il y a un risque pour la baignade ou pour la consommation d'eau.

Les politiques du Ministère font malheureusement en sorte que les citoyens et les riverains ont moins d'indicateurs sur l'état de santé de leur plan d'eau.

Il est également difficile d'apprécier l'impact du plan d'action de 200 millions $ sur 10 ans que le gouvernement du Québec avait annoncé en 2007 pour contrer la prolifération des cyanobactéries.

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