La voix du peuple

Sylvie Roy... (Archives, La Presse)

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Sylvie Roy

Archives, La Presse

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(Sherbrooke) ÉDITORIAL / Tout au long de sa carrière politique, Sylvie Roy a défendu avec détermination ce en quoi elle croyait.

Partie beaucoup trop tôt, à l'âge de 51 ans, à la suite d'une hépatite aiguë, la députée indépendante d'Arthabaska laisse le souvenir d'une bagarreuse qui était la voix du peuple.

Elle a été élue pour la première fois sous la bannière de l'Action démocratique du Québec (ADQ) en 2003 dans la circonscription de Lotbinière et réélue dans celle-ci jusqu'à sa disparition en 2012. Depuis, elle a représenté les électeurs d'Arthabaska, d'abord sous les couleurs de la Coalition Avenir Québec (CAQ) puis comme députée indépendante.

Dès ses débuts en politique, elle a démontré un flair exceptionnel. Elle était une politicienne de terrain qui avait la capacité de rejoindre le coeur des électeurs. Mario Dumont, l'ancien chef de l'ADQ, a rapidement apprécié la fougue et la détermination de sa jeune députée.

Avocate de formation, elle était une parlementaire redoutable qui a soulevé l'ire des représentants du gouvernement libéral à plusieurs reprises dans les débats en chambre. Elle a pris du galon au fil des ans et est devenue chef intérimaire de l'ADQ en 2009, à la suite du départ précipité de Mario Dumont.

C'est aussi en 2009 que Mme Roy a harcelé le gouvernement Charest pour le déclenchement d'une commission publique d'enquête sur les malversations dans l'industrie de la construction. Elle est revenue à la charge à plusieurs reprises. On lui doit en quelque sorte la tenue de la Commission Charbonneau.

Elle n'a jamais lâché le morceau sachant très bien le ras-le-bol de la population concernant le détournement de fonds publics ou les manoeuvres pour influencer le processus des appels d'offres de plusieurs chantiers de construction. Elle savait qu'elle avait raison. Il n'était pas question qu'elle laisse le gouvernement s'en sortir aisément.

Bien des Québécois ont appris à apprécier le ton direct et intempestif de la députée. Même si elle n'était pas l'oratrice la plus flamboyante, elle avait le don de parler aux citoyens ordinaires et de retenir l'attention des médias. On voyait en elle une personne fiable qui n'avait pas peur de se salir les mains pour défendre ses idées et l'importance de l'intégrité en politique.

Ils sont peu nombreux les députés qui ont cette capacité de gagner le coeur des citoyens et de se bâtir une crédibilité à l'échelle provinciale. Elle était de ce petit nombre. Tout cela explique aussi pourquoi elle a été réélue à chaque occasion depuis son premier mandat, et ce malgré les différentes vagues.

Elle n'a jamais été au pouvoir pendant ses 13 ans de vie politique, mais elle a marqué, à sa façon, les débats politiques.

D'ailleurs, de nombreux politiciens lui ont rendu un vibrant hommage depuis 24 heures. Tristes et surpris par son départ soudain, ils ont relevé tout le talent de cette politicienne généreuse et passionnée.

« Elle n'avait pas peur de se battre pour ses idées », a rappelé avec justesse le chef de la CAQ, François Legault. « Une des voix les plus fortes au Québec contre la corruption nous a quittés », a ajouté Jean-François Lisée, candidat à la direction du Parti québécois.

Le Québec aura l'occasion de saluer sa contribution politique une dernière fois lors des funérailles qui auront lieu lundi prochain à Trois-Rivières. C'est à Trois-Rivières qu'elle a commencé à pratiquer le droit avant de se lancer en politique.

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